DMLA : un traitement moins coûteux (enfin) remboursé

C’est officiel, l’Avastin sera remboursé dès le 1er septembre. Ce médicament est 30 fois moins cher que l’unique traitement proposé jusqu’alors aux patients souffrant de DMLA, une pathologie visuelle liée à l’âge.

DMLA : un traitement moins coûteux (enfin) remboursé
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Dans un communiqué de presse diffusé ce jeudi, la ministre de la Santé annonce qu’elle autorise le remboursement du médicament Avastin dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). L’arrêté autorisant cette prise en charge par l’Assurance maladie est publié ce jour au Journal officiel.

Cette décision fait suite au feu vert de l’Agence du médicament en juin dernier de proposer l’Avastin aux patients souffrant de DMLA, dans un premier temps dans un cadre hospitalier (RTU). Mais aussi à l’engagement de Marisol Touraine d’en finir avec une situation de monopole, particulièrement coûteuse pour les patients, mais aussi pour l’Assurance maladie. Et pour cause : seul le Lucentis (Laboratoire Novartis) et l’Eylea (Laboratoire Bayer) bénéficiaient jusqu'à présent d’une autorisation de mise sur le marché et de remboursement. Or, le problème, c’est que les patients devaient débourser pas moins de 900 euros pour en bénéficier. Remboursé à 100%, le Lucentis est même devenu le premier poste de remboursement de l’Assurance maladie. "La décision de rembourser l’Avastin pour le traitement de la DMLA, publiée ce jour, permettra la réalisation d’importantes économies, et ce dans le respect de la sécurité des patients", ne manque pas de rappeler le ministère de la Santé.

Petits arrangements entre labos. L'Avastin, pourtant tout aussi efficace que le Lucentis, et tout autant bien toléré par les patients, mais plus ancien, et surtout moins coûteux, n’avait jamais obtenu d’autorisation de mise sur le marché en France pour le traitement de la DMLA, à la différence d’autres pays européens et des Etats-Unis. Une circulaire de la Direction générale de la santé avait même interdit son utilisation en 2012. A l'époque Marisol Touraine avait estimé que c'était au laboratoire Roche (qui produit l'Avastin) de demander une autorisation pour le traitement de la DMLA. Mais Roche n’avait pas souhaité le faire. Et pour cause : il n'avait aucun intérêt à le faire puisqu'il s’était en quelque sorte arrangé avec son actionnaire Novartis pour se partager le marché du Lucentis. Ce à quoi l’autorité de la concurrence italienne avait répondu en 2014 en infligeant aux deux laboratoires une amende de près de 200 millions d’euros pour "accord illicite".

La Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une maladie dégénérative et progressive de la rétine. Elle est la première cause de malvoyance chez les personnes âgées dans les pays industrialisés. 

Lire aussi réponses aux questions des internautes sur la DMLA, par le Dr Gérard Mimoun, ophtalmologiste à Créteil.