Vincent Lambert : pas de décision d’arrêt des soins, la famille déchirée

Contre toute attente le Dr Daniela Simon, la médecin cheffe du service où est hospitalisé Vincent Lambert, n’a pas décidé d’opter pour l’arrêt des soins.

Vincent Lambert : pas de décision d’arrêt des soins, la famille déchirée
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Nouvel épisode dans l’affaire Vincent Lambert. Alors que le CHU de Reims avait engagé une nouvelle procédure pour déterminer si le maintien en vie de Vincent Lambert révélait ou non d’une obstination déraisonnable, le docteur Daniela Simon a décidé de ne pas se prononcer, les conditions de sécurité n’étant pas réunies. L’option retenue est donc de temporiser la situation dans un contexte familial compliqué. Elle a de plus annoncé vouloir saisir le procureur de la République pour que soit désigné un représentant légal du patient, après avoir eu vent de projets d'enlèvement, selon des membres de la famille, cités par l'AFP.

La famille avait rendez-vous à 14h aujourd’hui au CHU de Reims, où est soigné l’ancien infirmier, en état végétatif depuis son accident de moto en 2008. L’équipe médicale en charge de Vincent Lambert devait donc choisir entre deux options : l’arrêt des traitements et un accompagnement vers la mort, ou le maintien en vie du patient. La réunion avait pour objectif, selon un courrier du médecin, " tout en tenant compte des constatations du Conseil d’Etat et de la Cour européenne des droits de l’homme, [d’informer les parents] des conclusions de la procédure collégiale menée et de la décision [...] prise ", relate l’AFP. Début juin dernier, la Cour européenne des droits de l’homme avait en effet validé la décision du Conseil d’Etat et donc clairement tranché en autorisant l’arrêt des soins à Vincent Lambert. Après cette décision, il restait "juste" au corps médical à se prononcer sur le processus de fin de vie, afin d’obtenir un consensus de la famille. Ce qui visiblement n'a pas été le cas.

L’épouse de Vincent Lambert en larme. Elle espérait la fin de ce long parcourt judiciaire. A sa sortie de l’hôpital, elle a déclaré, effondrée : "je suis dans l'incompréhension, je pensais que Vincent pouvait enfin être respecté." Ce nouvel épisode est un nouveau drame dans cette famille déchirée. Depuis des années, Vincent Lambert voit en effet son sort balancé entre les convictions de ses parents catholiques, opposés à l'euthanasie et souhaitant le maintenir en vie. Et de l'autre, celles de son épouse, ainsi que de son neveu François, déterminés à respecter les volontés de Vincent. Selon elle, celui-ci s’était toujours opposé à tout acharnement thérapeutique et n’aurait donc pas souhaité être maintenu artificiellement en vie.

Le 15 juillet dernier, à la suite d’un conseil de famille, qui s’était tenu au CHU de Reims, les parents de Vincent Lambert avaient décidé de porter plainte pour tentative d’assassinat et séquestration contre le CHU de Reims. Ils avaient de plus reçu  l’appui cette semaine des évêques de Rhône-Alpes. Pour l’heure, ils semblent déterminés dans leur choix. Ils devraient à nouveau saisir le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en référé-liberté pour s’opposer à l’éventuel arrêt des soins et poursuivre leur marathon judiciaire débuté au printemps 2013. Même si la procédure a peu de chance d’aboutir. Après les avis du Conseil d’Etat et surtout de la plus haute juridiction administrative, la CEDH, aucun appel n'est possible. En revanche, la mise en place du protocole de fin de vie devrait encore être retardée.

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