Comprendre et éviter les perturbateurs endocriniens Perturbateurs endocriniens et alimentation

Dans nos cuisines aussi, les perturbateurs endocriniens sont nombreux : entre contenants, vaisselles, et aliments eux-mêmes, on fait le point.

Première source de perturbateurs endocriniens : les emballages alimentaires, notamment en matière plastique. Parmi eux, les phtalates. Souvent contenus dans les emballages plastiques, ils peuvent migrer dans les aliments, notamment lors d’un passage au micro-onde. Il s’agit d’une substance classée cancérogène (pouvant causer des cancers) et reprotoxique (toxique pour les organes reproducteur ou pour la descendance) par l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) qui précise sur son site internet que "leurs effets nocifs portent essentiellement sur la fertilité, le développement du fœtus et du nouveau-né." Ils ont d’ailleurs été interdits dans les jouets et les objets de puériculture, les dispositifs médicaux et les cosmétiques.

Autre perturbateur endocrinien dans le plastique : le BPA, pour bisphénol A, un composé intéressant de par sa grande résistance et sa durabilité. Ce dernier a largement fait parlé de lui jusqu’en janvier 2015, date de son interdiction dans les contenants alimentaires et les tickets de caisse, après avoir déjà été banni des biberons en 2011. En effet, les études scientifiques suspectent de plus en plus de liens entre bisphénol A et cancers du sein, maladies cardiovasculaires ou encore diabète et obésité. Après ces interdictions, le BPA subsiste encore dans certaines bouilloires, canettes, canalisations d'eau potable, boîtes de conserve ou encore vaisselle en plastique. Mais quid de son remplaçant dans les produits où il est interdit ? C’est son cousin, le bisphénol S, qui lui a emboîté le pas. Pourtant, celui-ci pourrait lui aussi affecter notre santé, et notamment le développement du système nerveux selon une récente étude menée par des chercheurs en génétique de l’Université de Calgary, au Canada.

Les produits de la pêche sont des sources
importantes de PCB, un polluant dérèglant
reproduction et immunité.
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Mais les emballages et contenants ne sont pas les seuls à nous exposer aux perturbateurs endocriniens : certains aliments eux-mêmes contiennent un polluant industriel fabriqué dans les années 1930 et utilisé comme isolant électrique, le PCB (pour polychlorobiphényles). C’est le cas notamment des poissons et autres produits de la pêche. Ils sont en plus forte quantité chez les poissons gras comme le saumon car les PCB se logent dans les graisses. Les poissons carnivores (truite, saumon, raie, sole…) contiennent également plus de PCB car ceux-ci s’accumulent au fur et à mesure de la chaîne alimentaire. Sur terre, les PCB présents dans le sol sont absorbés par les plantes et contaminent les herbivores (vache, chèvre, volaille…). Ils se retrouvent alors dans la viande, le lait et les œufs. Pourtant, les PCB ont été interdits dans l’industrie en 1987 mais leur très grande pérennité explique leur présence encore massive, causant des stérilités, des anomalies de croissance, des malformations chez les nouveau-nés et des dérèglements de la fonction immunitaire.

  • Conseils : limitez les emballages plastiques en préférant les matières pérennes plutôt que jetables. Pour limiter les PCB, ne consommez pas plus de deux fois par semaine du poisson, évitez les poissons gras qui concentrent plus de PCB et diversifiez les espèces consommées et les zones de provenance. 
  • Consultez aussi le petit guide de la Bio-Alimentation publié par l’Association Santé Environnement France (ASEF)  

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