"Moi le Sida", la campagne de AIDES refait parler du virus

Le Sida prenant de moins en moins de place dans les conversations, l'association AIDES lance une large campagne sur internet pour rappeler que, de son côté, ce virus ne nous oublie pas.

"Moi le Sida", la campagne de AIDES refait parler du virus
© AIDES

Le virus du Sida a 32 ans : l’âge d’investir les réseaux sociaux et les sites de rencontre, pour parler de lui quand on ne le fait pas assez. Depuis le 1er mai, l’association française de lutte contre le VIH et les hépatites virales AIDES a lancé une vaste campagne d’infiltration des réseaux sociaux intitulée "Moi le Sida". Tel un véritable spammeur, le Sida s’est répandu sur la toile de manière virale : sur Facebook, le Sida s’immisce dans vos commentaires. Sur Twitter le compte @LeSida vous suit et y répand le mot-dièse #JeSuisLà. Vous le rencontrez également sur Instagram où il partage ses habitudes, vous découvrez son parcours professionnel  depuis ses débuts dans les années 1980 sur LinkedIn et vous le trouvez sur Le Bon Coin où il vend des préservatifs périmés. Et ce n’est pas tout ! Le Sida fait aussi parler de lui sur les sites de rencontres à géolocalisation tels que Tinder et Grindr, générant des vives réactions de surprises chez les utilisateurs.

Réveiller les consciences. Depuis le 8 juin 2015, l’association AIDES a révélé son rôle dans cette campagne : "Nous avons fait expérimenter à des gens l’intrusion du sida dans leurs vies en l’immisçant dans leurs vies virtuelles. Nous avons fait la démonstration qu’il était encore là. Nous en avons fait l’internaute ultime, capable de s’infiltrer dans tous les réseaux sociaux. Nous avons créé une communauté de jeunes qui, de sensibilisés, sont devenus sensibilisateurs. Nous avons suscité ce que nous espérions : des réactions, des débats, du rejet même, bref, réveillé les consciences sur ce fléau qui nous nargue depuis 30 ans." explique ainsi l’association dans un communiqué du 8 juin 2015. "Il s’agit surtout d’une vaste opération de "débanalisation" ayant pour but de créer un électrochoc, une prise de conscience collective." Après avoir incrusté le Sida sur la toile, AIDES appelle maintenant à lutter contre cette maladie en diffusant le message "Pour faire taire le sida : AIDES.org !".

Une vidéo contre l’oubli. En parallèle, une vidéo choc de 50 secondes a été dévoilée, mettant en scène le sida à travers la voix du comédien et humoriste Gaspard Proust. Celle-ci rappelle alors l’indifférence dans laquelle tombe cette maladie : "on parlait de moi partout, tout le temps, c’était la consécration ! Mais là, je sais pas, j’ai l’impression qu’on m’oublie". Avant de conclure sur un constat inquiétant : "Le plus important au fond, c’est que moi je ne les oublie pas les gens. Je continue à être là, partout, tout le temps." En effet, chaque année en France, 6 000 nouveaux cas sont détectés et 150 000 personnes sont porteuses du VIH, dont 30 000 qui l’ignorent.

Prévention et dépistage. Sur le site de l’association AIDES, une pétition illustrée par la bédéiste Pénélope Bagieu appelle les internautes à s’engager au travers de quatre actions : se protéger en utilisant des préservatifs, utiliser des seringues propres, rester solidaire des personnes touchées par la maladie et se faire dépister. À partir du 15 septembre 2015, des autotests de dépistage seront d’ailleurs disponibles en pharmacie et permettront de simplifier cette démarche. 

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