Cancer : l’immunothérapie, porteuse d’espoir

Pour lutter contre les cancers, l’immunothérapie qui aide le système immunitaire à détecter et détruire les tumeurs constitue un traitement très prometteur.

Cancer : l’immunothérapie, porteuse d’espoir
© science photo

L’immunothérapie est un traitement qui consiste à stimuler le système immunitaire, véritable arsenal de défense de notre corps, et notamment les lymphocytes pour combattre les cellules cancéreuses.

Réveiller des cellules immunitaires endormies. Normalement, le système immunitaire reconnait les cellules cancéreuses défectueuses et les détruit. Mais certaines d'entre elles mettent en place une stratégie qui consiste à afficher à leur surface des protéines, non reconnues par notre immunité. Ainsi, le système immunitaire ne parvient pas à les détecter : dans l’environnement proche de ces cellules trompeuses, les cellules immunitaires sont comme inactivées. L’immunothérapie permet d’empêcher les cellules tumorales d'exposer ces protéines à leur surface, les rendant à nouveau visibles par les cellules de défense de l’organisme.

Efficace tout d’abord contre les mélanomes, ce traitement tend à se généraliser. L’immunothérapie a tout d’abord été testée sur les cancers de la peau, pour les patients à un stade avancé sur qui les autres types de traitements n’avaient pas fonctionné. Cette technique a ainsi obtenu de très bons résultats contre le mélanome, la forme la plus agressive de ces cancers. En effet, en 2014, une large étude a prouvé que ce traitement conférait un meilleur taux de survie au bout d’un an pour 70 % des 800 patients suivis. Mais l’immunothérapie ne se limite plus à ce type de cancer : des travaux menés par le docteur Luis Paz-Arez de l’Université de médecine de Madrid ont été présentés au congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) qui se tient à Chicago du 29 mai au 2 juin 2015. Ses recherches ont porté sur 582 malades atteints d’un cancer du poumon. La tumeur a alors diminué pour 19 % d’entre eux par immunothérapie contre 12% pour ceux traités par chimiothérapie. De plus, le gain de survie s’est avéré supérieur pour les patients traités par immunothérapie. De nombreuses autres études commencent aussi à démontrer l’efficacité de cette thérapie, notamment contre les cancers du foie, de la vessie, ou encore de la tête et du cou.

L’immunothérapie bientôt plus prescrite que la chimiothérapie ? L’immunothérapie démarre en général peu de temps après une chirurgie et dure plus d’un an. Les réactifs sont administrés sous forme d’injections, par voie sous-cutanée ou par intraveineuse. Mais ce type de thérapie ne doit pas être prescrit à la légère : "il s’agit d’une option de traitement qui doit être discutée avec le patient, en prenant en compte le bénéfice du traitement, les effets secondaires et les modalités d’administration", précise l’Institut National du cancer (Inca) sur son site internet. Les effets secondaires peuvent en effet s’avérer sévères, avec notamment un dysfonctionnement de la thyroïde et du foie, des troubles digestifs ou encore un état dépressif. Mais ces effets n’ont pour le moment concernés que qu’un patient sur dix, un chiffre faible comparé aux 50 % de patients affectés par des effets indésirables lors d’une chimiothérapie. Cette meilleure tolérance et la supériorité du taux de succès font de l’immunothérapie un réel espoir de lutte contre le cancer, qui constitue la première cause de mortalité chez l’homme et la seconde chez la femme. 

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