Burn-out : apprendre à l'identifier pour s’en protéger

La reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle est actuellement discutée à l’Assemblée Nationale. En quoi consiste ce syndrome ? Comment le déceler, et comment s’en sortir ?

Burn-out : apprendre à l'identifier pour s’en protéger
© pathdoc

Stress, fatigue, pression au travail… vous êtes sur le point de craquer ? Il peut s’agir d’un burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel. Cette maladie fait l’objet de discussions à l’Assemblée Nationale à partir du 26 mai 2015, dans le cadre du projet de loi sur le dialogue social. En effet, le député PS Benoît Hamon propose qu’elle soit reconnue comme maladie professionnelle. Actuellement, l’article L 461-1 du code de la sécurité sociale prévoit que le burn-out soit pris en charge au titre de "dépression nerveuse", s'il justifie une incapacité permanent de plus de 25 % et si un "lien direct" avec le travail a été mis en évidence. Une véritable reconnaissance permettrait alors une meilleure prise en charge, non plus par la sécurité sociale, mais par les branches professionnelles, impliquant les entreprises de manière immédiate.

Être attentif aux signaux d’alerte. Le burn-out entraîne l’apparition progressive de plusieurs symptômes : anxiété prolongée, irritabilité, impatience démesurée, isolement, sommeil agité ou encore insomnies. Ces signes d’abord psychologiques peuvent aussi altérer la santé physique, se traduisant par exemple par des blocages de dos, des problèmes cardiaques, ou encore des dérèglements digestifs. Alors que ces manifestations doivent donner l’alerte, la personne se réfugie souvent dans le déni de cette maladie. Pourtant, l’accumulation de ces symptômes risque de dégénérer vers une véritable crise.

Ralentir son rythme de vie. Pour prévenir au mieux le syndrome du burn-out, soyez avant tout attentif à l’apparition de ces symptômes chez vous, mais aussi chez vos proches ! Au travail, apprenez à dire non de temps en temps, à lever le pied et à déléguer. Diminuez la pression que vous vous imposez et acceptez de ne pas tout faire parfaitement ! Les activités qui permettent d’évacuer l’anxiété seront aussi salutaires pour sortir d’un tel épuisement, comme la méditation et les temps calmes de lecture ou d’écriture. Par ailleurs, une récente étude menée par l’institut Withings souligne le lien entre emplois sédentaires et plus forte prévalence du stress. Ainsi prévoyez une activité physique (yoga, marche…) pendant au moins 30 minutes par jour pour diminuer l’anxiété professionnelle. Autre conseil : soignez votre hygiène de vie ! Un bon sommeil, une alimentation saine sans café et l’arrêt du tabac contribuent à réduire le stress au quotidien. En d’autres termes : pensez à vous chouchouter !

Le mal du siècle ? "Si ce phénomène apparait avec tant de force aujourd’hui, c’est parce qu’il est à la croisée de plusieurs bouleversements : l’irruption des nouvelles technologies, la prise de pouvoir des actionnaires et les exigences court-termistes qui en découlent " explique ainsi Benoît Hamon dans un entretien accordé à Libération ce mardi 26 mai. En effet, selon les résultats d’une étude menée par l’institut Think publiés en janvier 2015, 20 à 25% des salariés français seraient "dans un état émotionnel limite" et un travailleur sur deux déclare "être confronté soit directement soit pour un proche à une situation de burn-out avec un arrêt de travail soudain suite à un épuisement lié aux conditions de travail."

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