Grippe : vers une campagne d'incitation à la vaccination plus musclée

Pour contrer la grippe, dont l’épidémie a été particulièrement soutenue cet hiver, Laurence Rossignol annonce qu'une importante campagne de vaccination sera mise en place à l’automne 2015.

Grippe : vers une campagne d'incitation à la vaccination plus musclée
© goodluz

Vacciner massivement les personnes âgées contre la grippe. Cette décision a été annoncée par la secrétaire d’état à la famille, des personnes âgées et de l’autonomie Laurence Rossignol le 24 mai 2015 sur RTL. La prochaine campagne d’incitation à la vaccination visera ainsi particulièrement les médecins et les personnes âgées. La ministre souhaite ainsi réunir "l’ensemble des fédérations de services à domicile, tous ceux qui vont auprès des personnes âgées au quotidien pour qu’ils soient des porte-parole, des propagandistes du vaccin contre la grippe."

Un hiver 2015 particulièrement meurtrier. Élément déclencheur de cette déclaration : les chiffres des décès hivernaux publiés le 22 mai 2015 par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS). Cette année, la surmortalité liée aux maladies hivernales, dont le virus de la grippe et ses complications, a été de 18 300 décès. Cet excès constitue le chiffre le plus important depuis la mise en place du système d’évaluation des surmortalités hivernales en 2007. En plus d'une méfiance grandissante des personnes âgées vis-à-vis des vaccins, la part de cette surmortalité imputée à la grippe serait due à une moindre efficacité du vaccin cette année en raison d'une mutation imprévue du virus de la grippe. Résultat : le taux de vaccination  a été moins important que les années précédentes.

Premiers touchés : les personnes âgées. Cet hiver, sur 3 000 hospitalisations liées à la grippe, plus de la moitié concernait des personnes âgées alors qu’elles ne représentent habituellement que 30 à 40 % des cas. Pour les décès, même scénario : la population la plus touchée est celle des plus de 65 ans, avec 90 % de décès enregistrés pour cette classe d’âge. Une des raisons réside dans le faible taux de vaccination de ces personnes, passé en 2015 sous le seuil des 50 %. "Chez les plus de 65 ans, le vaccin est gratuit, mais il devrait être systématique", a souligné Laurence Rossignol. En effet, même si le vaccin n’est pas optimal dans le cas où le virus mute, il permet de mieux endiguer l’épidémie. Ainsi, selon l’InVS, "si 75 % des plus de 65 ans étaient vaccinés, on éviterait 3000 décès sur la mortalité hivernale."

Les personnes à risque moins bien protégées. La vaccination ne concerne pas que les seniors. Autres cibles : les personnes présentant un risque particulier telles que les patients atteints d’une maladie chronique (diabète, mucoviscidose, insuffisance cardiaque, déficience immunitaire…), d’asthme et de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) mais aussi les femmes enceintes. L’hiver dernier, seuls 47 % de ces personnes à risques étaient vaccinées contre la grippe, soit 2 % de moins que l’an dernier.

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