Consultation par téléphone : une offre d’AXA inquiète l’Ordre de Médecins

La compagnie d’assurance AXA rendra disponible en juin un service de consultations médicales par téléphone, ce qui génère une vive réaction de la part des médecins.

Consultation par téléphone : une offre d’AXA inquiète l’Ordre de Médecins
© takasu

Pouvoir consulter un médecin par téléphone tous les jours, 24h sur 24. Cette offre proposée par la compagnie d’assurance AXA sera disponible à partir du mois de juin 2015, rapporte Le Figaro du 13 mai. Pour assurer ce service jusqu’alors inédit en France, une trentaine de médecins se relayeront, afin de répondre aux appels des assurés.

Un fonctionnement simple et ingénieux. À toute heure du jour et de la nuit, qu’ils soient en France ou à l’étranger, les assurés d’AXA pourront joindre un médecin généraliste salarié d’AXA assistance. Ce dernier pourra alors établir un diagnostic à distance et transmettre éventuellement une ordonnance directement au pharmacien du patient. "Cela peut permettre à l’assuré de faire le point sur sa situation s’il n’arrive pas à joindre son médecin traitant", explique Nicolas Sinz, Président Directeur Général d’Axa Assistance France dans un communiqué du 4 mai 2015. Comme pour une consultation habituelle, la téléconsultation médicale d’AXA sera protégée par le secret médical. "Avec l’accord du patient, un compte rendu sera envoyé à son médecin traitant", précise aussi le communiqué de la compagnie d’assurance.

Un service qui ne remplace pas des consultations spécialisées. La téléconsultation médicale ne prétend pas remplacer une consultation réelle. Par exemple, "si une situation d’urgence est détectée, l’assuré sera orienté vers un service d’urgence", rassure ainsi le communiqué de la compagnie. De même, une consultation par téléphone "ne se substitue ni au médecin traitant, ni aux urgences, ni à une consultation spécialisée, notamment psychologique, ni aux consultations nécessitant un examen clinique." Même si le médecin ainsi contacté peut délivrer une ordonnance, il ne pourra délivrer ni arrêt de travail, ni certificat médical, ni même renouvellement d’ordonnance.

L’Ordre des Médecins inquiet de cette nouvelle pratique. Malgré le caractère incomplet de ces téléconsultations, le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) craint que cette nouvelle forme de consultation ne déstabilise le système de consultation classique et interfère dans la relation de confiance qu’il existe entre un patient et son médecin traitant. "Dès lors que l’assureur ne pourra pas contrôler l’indisponibilité physique ou téléphonique du médecin traitant et, qu’en tout état de cause, le médecin traitant n’est pas nécessairement disponible quand le patient aimerait qu’il le soit, n’est-on pas en train de créer en marge du médecin traitant et du parcours de soins, financé par l’assurance maladie obligatoire, un système qui va le doublonner et sera pris en charge uniquement par l’assurance maladie complémentaire ?", s’interroge ainsi le CNOM dans un communiqué publié le 12 mai 2015. Cette institution a aussi saisi le 19 mars dernier la Ministre de la Santé Marisol Touraine pour connaître son analyse politique. Cette demande n'a, à l'heure actuelle, pas encore reçu de réponse.

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