Cancer colorectal : un nouveau test de dépistage, plus fiable

Marisol Touraine a présenté, mercredi, le nouveau test de dépistage du cancer colorectal. Plus simple et plus performant, il devrait inciter les plus de 50 ans à se faire dépister.

Cancer colorectal : un nouveau test de dépistage, plus fiable
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Les Français seront-il plus nombreux à participer au dépistage organisé du cancer colorectal ?  Peut-être, grâce à l’arrivée d’un nouveau test, plus simple à utiliser, mais aussi plus fiable. 

Depuis 2009, le cancer colorectal fait l’objet d’un programme de dépistage organisé proposé par les pouvoirs publics. Il s’adresse aux femmes et aux hommes âgés de 50 à 74 ans, sans facteur de risque. Ils sont ainsi invités, tous les deux ans, à réaliser un test de dépistage à leur domicile. Seize millions de personnes sont concernées en France. Mais le hic, c’est que les Français rechignent trop souvent à se faire dépister (seules 33,7 % des femmes et 29,6% des hommes y participent), alors que le cancer colorectal est responsable de plus de 42 000 nouveaux cas chaque année en France et qu'il est le 3e cancer le plus fréquent, derrière le cancer de la prostate (56 000) et le cancer du sein (48 000). De plus, détecté tôt, ce cancer se guérit dans 9 cas sur 10. 

Moins de faux positifs. Le nouveau test (test OC-Sensor) est un test immunologique, qui repose sur la détection de la présence d’hémoglobine humaine dans les selles grâce à l’utilisation d’anticorps. Son intérêt, c’est qu'il semble plus fiable et plus performant pour détecter d'éventuels cancers et lésions précancéreuses. "Grâce à sa sensibilité élevée, il détecte 2 fois plus de cancers", avance le ministère de la Santé. En outre, la lecture automatisée de ce test garantit une meilleure fiabilité, ce qui devrait en théorie limiter le nombre de faux positifs, évitant alors d'alarmer inutilement les patients et de pratiquer des coloscopies inutiles. 
Le nouveau test est aussi plus simple d’utilisation car il ne nécessite plus qu’un seul prélèvement de selles, contre six précédemment. Son ergonomie a enfin été mieux étudiée, afin d’améliorer son accessibilité. 
Détecter tôt pour mieux soigner. Hommes et femmes de 50 à 74 ans sont donc invités à se faire dépister gratuitement tous les deux ans en effectuant le test qui est distribué par les médecins traitants sur simple demande. En plus d'être gratuit, le dépistage est indolore. Même s'il est peu ragoûtant, il ne nécessite ni prise de sang, ni coloscopie.
Dans 98% des cas, les résultats sont négatifs et le patient est invité à refaire ce même test deux années plus tard. Ainsi, c'est la récurrence du test tous les deux ans qui permet de s'assurer qu'aucun cancer se développe et, dans le cas contraire, de pouvoir intervenir et traiter un cancer débutant en ayant recours à des thérapeutiques qui seront moins lourdes et plus efficaces.
  • Cancer colorectal : les chiffres clés (sources : ministère de la Santé)

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