Souscrire une assurance contre le cancer : bonne idée ou pas ?

Souscrire une assurance complémentaire pour se garantir un capital au cas où le cancer frappe à notre porte, c’est ce que proposent de plus en plus de sociétés privées.

Souscrire une assurance contre le cancer : bonne idée ou pas ?
© Kzenon - Fotolia.com

Un cinquième courtier en assurance se lance sur le marché de la "garantie anticancer", apprend-t-on ce matin par le journal Le Parisien. Dans le détail, il propose aux 18-60 ans de se garantir un capital et des services pour l’éventuel jour où un mauvais diagnostic chamboulerait leur vie. L’idée étant de prendre en charge le surcoût lié aux soins.

Une assurance contre le cancer, c’est quoi ? Le principe, c’est de payer chaque mois une somme (variable selon le profil) afin de pouvoir, peut-être toucher un jour, une somme allant jusqu’à 50 000 euros. Rappelons que les traitements contre le cancer sont évidemment pris en charge à 100 % par la sécurité sociale. Mais le problème, c’est que les dépassements d'honoraires et certains soins dits "de confort" (hypnose, relaxation, soins esthétiques, vernis pour camoufler les ongles, crèmes contre les brûlures, etc.) et très plébiscités par les patients, ne sont pas remboursés. Au final, le cancer coûte cher : "si l'on y survit mieux avec des traitements de plus en plus pointus et remboursés à 100 %, ses séquelles pèsent lourd financièrement, entre travail perdu pour certains et frais restant à charge pour tous." Si bien qu'il faut parfois sortir des sommes très élevées, comme l’explique dans les colonnes du Parisien, Agnès qui, malgré une bonne mutuelle, a dû par exemple débourser 2 500 euros de sa poche pour se soigner. Une enquête de la Ligue contre le cancer a par ailleurs montré que 47 % des malades avaient dû débourser un montant supérieur à 1 000 euros pour des frais liés à leur cancer. C’est donc pour pallier ces coûts que des sociétés d’assurance proposent sur les modèles américain ou scandinave, une prévoyance spécial cancer. Aujourd’hui, quatre assureurs ciblent exclusivement les cancers féminins, le cinquième assure tous les cancers, masculins compris.

Les clients, sélectionnés ? Même si le marché semble encore timide, il est prometteur. Et pour cause : une femme sur huit sera confrontée au cancer du sein dans sa vie. Céline Lis-Raoux, directrice de Rose Magazine n’est d’ailleurs pas choquée par ce type de contrat : "Moi je pense qu’une femme (…) peut parfaitement décider de consacrer 10 euros par mois pour se prémunir". Se pose pourtant la question de l’accès à ces assurances. En effet, celles ayant déjà eu un cancer par le passé et celles issues de familles à risque héréditaire de cancer en sont exclues.

Enfin, avec un tel système, c’est tout le système de santé basé sur la solidarité qui est mis à mal. Si l’idée des assureurs, d’accompagner les malades afin de couvrir tous leurs soins, est en soi utile, on ne peut que regretter que l’Assurance maladie ne puisse garantir l’accès à tous les soins, pour tous.

Lire aussi