Sidaction : 3 bonnes raisons de rester mobilisé

Le niveau d'information des jeunes continue à se dégrader. C'est le constat d'un sondage réalisé à l'occasion du week-end du Sidaction, les 23, 24 et 25 mars.

Sidaction : 3 bonnes raisons de rester mobilisé

Le Sidaction, opération annuelle de levée de fonds pour la prévention et la recherche contre le sida, débute aujourd'hui. L'occasion de lancer un appel aux dons mais aussi à la prévention. Car comme le montre un sondage Ifop, la méconnaissance autour du VIH grandit, tout particulièrement chez les jeunes :  20% d'entre eux s'estiment mal informés en 2018, soit une augmentation de 9 points par rapport à 2009. Dans un contexte marqué par la lutte contre les "Fake news", les personnes interrogées font part de leur inquiétude vis-à-vis de l'information diffusée. Ainsi, ils n'accordent pas leur confiance aux messages transmis sur les sites internet spécialisés (54%) ni sur les médias traditionnels (51%) et encore moins sur les forums (31%) ou sur les réseaux sociaux (22%). Aussi, près de sept jeunes interrogés sur dix estiment que les élus locaux (75%), le pouvoir public (72%) ou le ministère de l'Education nationale (67%) n'en font pas suffisamment en matière d'information sur le VIH/sida. Selon Florence Thune, directrice générale de Sidaction, "il est urgent de reprendre les fondamentaux en terme d'information et de prévention. Il faut faire circuler des messages dans et en dehors de la sphère scolaire pour atteindre tous les jeunes dans toute leur diversité, quelle que soit leur milieu social ou leur orientation sexuelle. Sans une volonté politique et un engagement politique adéquats, nous ne parviendrons pas à faire baisser le nombre de contaminations, en hausse de 24% chez les jeunes de 15 à 24 ans depuis 2007".

On ne guérit toujours pas du sida en 2017. Aujourd'hui, grâce aux progrès thérapeutiques, le sida est quasiment devenu une maladie chronique avec laquelle on peut vivre en prenant ses médicaments tous les jours, même s'il ne s'agit pas de véritable guérison. Mais, encore faut-il être diagnostiqué. Trente ans après la découverte du VIH, 153 000 personnes vivent avec le VIH et parmi elles, 25 000 ignorent leur séropositivité. En outre, il n'existe toujours pas de vaccin. Pourtant, 26% des jeunes considèrent qu'il existe des médicaments pour guérir du sida (soit une hausse de 13 points par rapport à 2009). En somme, il semblerait que les avancées en matière de recherche médicale aient entraîné une baisse de la vigilance des jeunes face aux risques de contamination par le VIH. Enfin, le préservatif est loin d'être un réflexe.  91 % des jeunes pensent que le préservatif est efficace pour empêcher la transmission du VIH/sida, soit une perte de 7 points depuis 4 ans.

Les idées reçues sont toujours là. Le sondage révèle que les fausses croyances et les idées reçues persistent toujours dans l'esprit des jeunes. En effet, 21% des jeunes pensent que le virus peut se transmettre en embrassant une personne séropositive ou en entrant au contact avec la transpiration (18%). Par ailleurs, 19% pensent que la pilule contraceptive d'urgence peut empêcher la transmission du virus (en progression de +9 points par rapport à 2015). Rappelons qu'il n'existe que 3 voies de transmission du virus : lors de rapports non protégés (vaginaux, buccaux ou anaux), par échange de sang lors de transfusion sanguine ou par le partage de seringue et lors de l'accouchement de la mère.

Moins de dépistage chez les jeunes. Redoutant moins d'être infectés par le VIH, non seulement les jeunes s'en protègent moins, mais en plus ils se font moins dépister. Selon ce dernier sondage, il existe une persistance des pratiques sexuelles à risque : 14% des jeunes interrogés admettent avoir été exposés au moins une fois à un risque d'être contaminé par le VIH/sida. L'expérience de ces situations n'a d'ailleurs débouché que dans 39% des cas seulement sur un test de dépistage. Alors que le dépistage constitue un enjeu majeur dans la lutte contre le VIH, ce chiffre reste bien trop faible.

Pourtant, depuis septembre 2015, un dispositif d'autotest de dépistage simple et rapide du virus est disponible en pharmacie sans ordonnance. Il n'a pas vocation à se substituer aux traditionnels dépistages par voie sanguine, ni aux autres TROD, déjà utilisés en milieu associatif et hospitalier. Il s'agit d'un outil de plus pour améliorer le dépistage du sida.

Comment faire un don au Sidaction ?

  • Par téléphone en composant le 110 (numéro d'appel gratuit)
  • Par Internet sur www.sidaction.org (paiement sécurisé)
  • Par courrier : Sidaction - 228, rue du Faubourg Saint-Martin 75010 PARIS
 
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