10 médicaments plus dangereux qu'utiles

MÉDICAMENTS - La revue Prescrire a publié la liste de 91 médicaments à "écarter pour mieux se soigner". Leur balance bénéfice/risque étant défavorable. Nous en avons sélectionné 10 d'entre eux couramment prescrits.

[Mise à jour, 29/01/2018] La revue indépendante  Prescrire a dévoilé le 26 janvier sa nouvelle liste d'une centaine de médicaments "plus dangereux qu'utiles". 91 médicaments, dont 82 vendus en France, figurent sur la liste des remèdes à écarter pour mieux soigner, en raison des risques sanitaires "disproportionnés" qu'ils font courir aux patients. En d'autres termes, il s'agit de médicaments pour lesquels il existe une alternative médicamenteuse avec une meilleure balance bénéfice/risque.

Pour cette 6e année de publication, ce sont 91 médicaments, dont 82 vendus en France que la revue Prescrire conseille de ne pas utiliser. Ces préconisations reposent sur des analyses réalisées dans les colonnes de la revue entre 2010 et 2016.

L'un des objectifs de ce bilan est d'apporter aux professionnels de santé, comme aux patients, des informations claires et fiables, "indépendantes de conflits d'intérêts commerciaux ou corporatistes". "La persistance des firmes à les commercialiser et l'inertie des agences du médicament qui tardent à les interdire totalement exposent les patients à des risques injustifiés", déplore la revue.

Bruno Toussaint, le directeur éditorial de Prescrire, explique qu'avant de retirer un médicament du marché, les autorités sanitaires demandent de "multiples études prouvant la dangerosité du médicament". "Il y a encore beaucoup de difficultés à convaincre au niveau européen et à résister à la pression des firmes pharmaceutiques qui vivent de la vente des médicaments pour rémunérer leurs actionnaires et leur personnel, et qui poussent toujours pour arriver plus vite sur le marché et pour y rester le plus longtemps possible", selon lui.

Un inventaire utile ? Parmi les nombreux médicaments recensés par l'inventaire sur la période 2013-2016, seulement une dizaine a fait l'objet d'une suspension ou d'un retrait d'AMM (autorisation de mise sur le marché). D'autres techniques consistent à dérembourser complètement ou partiellement, mais les déremboursements sont généralement "lents et contestés en justice" selon Prescrire. 

Globalement, Prescrire critique les prix exorbitants pratiqués par les firmes pharmaceutiques ces dernières années, même si elle souligne l'intérêt de deux nouveau anticancéreux utilisés dans le traitement du mélanome métastasé, le nivolumab (Opdivo® de Bristol-Myers Squibb) et le tramétinib (Mekinist® de Novartis Pharma).

Prescrire explique par ailleurs la méthodologie suivie, en particulier l'analyse des effets indésirables. Et précise qu'un certain nombre ne sont pas repérés lors des essais cliniques, mais "seulement parfois après plusieurs années d'utilisation par un grand nombre de patients."

En outre, précise la revue en préambule de son bilan, "en situation d'impasse thérapeutique dans une maladie grave, il n'est pas justifié d'exposer les patients à des risques graves, quand l'efficacité clinique n'est pas démontrée." En clair, les patients en impasse thérapeutique ne sont pas des cobayes et le choix pour un patient de ne pas participer à un essai rigoureux ou de refuser un traitement "de la dernière chance", dont la balance bénéfice/risque est mal cernée, doit lui être présenté comme une véritable option.