10 médicaments plus dangereux qu'utiles

La revue Prescrire a publié la liste de 91 médicaments à "écarter pour mieux se soigner". Leur balance bénéfice/risque étant défavorable. Décryptage.

La revue indépendante Prescrire a dévoilé une nouvelle liste d'une centaine de médicaments "plus dangereux qu'utiles". 91 médicaments, dont 82 vendus en France, figurent sur la liste des remèdes à écarter pour mieux soigner, en raison des risques sanitaires "disproportionnés" qu'ils font courir aux patients.

En d'autres termes, il s'agit de médicaments dont la balance bénéfice/risque est défavorable. Souvent, explique Prescrire, il existe d'autres médicaments avec une meilleure balance bénéfice/risque.

L'un des objectifs de ce bilan est d'apporter aux professionnels de santé, comme aux patients, des informations claires et fiables, "indépendantes de conflits d'intérêts commerciaux ou corporatistes".

Prescrire explique la méthodologie suivie, en particulier l'analyse des effets indésirables. Et précise qu'un certain nombre ne sont pas repérés lors des essais cliniques, mais "seulement parfois après plusieurs années d'utilisation par un grand nombre de patients."

En outre, précise la revue en préambule de son bilan, "en situation d'impasse thérapeutique dans une maladie grave, il n'est pas justifié d'exposer les patients à des risques graves, quand l'efficacité clinique n'est pas démontrée." En clair, les patients en impasse thérapeutique ne sont pas des cobayes et le choix pour un patient de ne pas participer à un essai rigoureux ou de refuser un traitement "de la dernière chance", dont la balance bénéfice/risque est mal cernée, doit lui être présenté comme une véritable option.

Pour cette 5e année de publication, Prescrire a élargi son bilan à l'ensemble des médicaments analysés entre 2010 et 2016 et autorisés dans l'Union européenne. Cette année a été marquée par de petites avancées en cancérologie mais aucun médicament innovant majeur n'a vu le jour, selon la revue médicale indépendante.

"Il faut que le doute bénéficie au patient et non au médicament, comme c'est encore trop souvent le cas", a expliqué à l'AFP Bruno Toussaint, le directeur éditorial de Prescrire. Avant de retirer un médicament du marché, les autorités sanitaires demandent de "multiples études prouvant la dangerosité du médicament". Mais selon lui, "il y a encore beaucoup de difficultés à convaincre au niveau européen et à résister à la pression des firmes pharmaceutiques qui vivent de la vente des médicaments pour rémunérer leurs actionnaires et leur personnel et qui poussent toujours pour arriver plus vite sur le marché et pour y rester le plus longtemps possible."