Syndrome du bébé secoué : quelle attitude adopter face à des pleurs prolongés ?

Plus de 200 nourrissons en seraient victime chaque année. Dans le cadre du plan de lutte contre les violences faites aux enfants, Laurence Rossignol souhaite sensibiliser les parents et les professionnels de santé au syndrome du bébé secoué.

Syndrome du bébé secoué : quelle attitude adopter face à des pleurs prolongés ?
© Konstantin Tronin

[Mise à  jour du 01/03/2017]. La semaine dernière, un père a été mis en examen pour avoir provoqué le syndrome du bébé secoué sur son bébé de trois mois, décédé deux jours plus tard. Chaque année, entre 120 et 240 nouveau-nés seraient victimes de ce choc traumatique lié à de violentes secousses pour l'enfant, entraînant des séquelles irréversibles, voire la mort. Dans le cadre du premier plan de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants présenté ce 1er mars, la ministre de la Famille, de l'Enfance et des Droits des Femmes, met l'accent sur le syndrome du bébé secoué et souhaite davantage informer les parents et les professionnels de santé. L'occasion, de revenir sur les risques liés à cette forme de maltraitance.

Ce sont les pleurs excessifs des bébés, qui amènent le plus souvent les parents, ou toute autre personne qui s'en occupe, à les secouer. Supportant difficilement de ne pas savoir comment les calmer, ils perdent patience et en arrivent à les maltraiter. Mais ce qu'ils ne savent pas toujours, c'est que cet acte provoque des conséquences parfois irréparables pour le bébé : 10 % à 40 % d'entre eux meurent des suites d'un traumatisme crânien et la majorité des autres conservent des séquelles neurologiques graves, à vie. 

Le syndrome du bébé secoué concernerait dans la majorité des cas, les moins de 6 mois. A cet âge, le cerveau du nourrisson n'étant pas complètement développé, il ne remplit pas la boîte crânienne. Aussi, lors de violentes secousses, celui-ci peut s'écraser contre les parois et provoquer une rupture des vaisseaux sanguins. Par ailleurs, le fait que la tête soit proportionnellement plus lourde que celle d'un adulte et que les muscles du cou ne maintiennent pas la tête du bébé bien droite favorisent également les lésions. 

Pleurs prolongés : coucher le bébé sur le dos dans son lit et quitter la pièce

Afin d'aider les professionnels à mieux repérer les syndromes de bébé secoué et de sensibiliser le grand public, la Haute autorité de santé a publié en 2011 une série de recommandations. Avec deux objectifs principaux. Le premier étant de prévenir les récidives fréquentes (plus de 50 % de récidives) en améliorant le diagnostic et la prise en charge des nourrissons victimes de maltraitance. La HAS y préconise notamment l'utilisation d'une grille de critères d'aide au diagnostic de secouement.

Le second est de favoriser la prévention auprès des parents sur les risques du secouement et les moyens de l'éviter. Là encore les professionnels de santé doivent être sensibilisés afin de constituer un relais auprès des parents et notamment des jeunes parents, dès la sortie de la maternité. Selon la HAS, il est indispensable de les informer sur les pleurs du nourrisson, sur la possibilité d'en être exaspéré et sur les conséquences parfois irréparables du secouement. Elle revient également sur la nécessité de conseiller les parents sur les bonnes attitudes à adopter face à des pleurs prolongés : coucher le bébé sur le dos dans son lit et quitter la pièce. Inutile de culpabiliser : mieux vaut se ménager, c'est aussi une façon de protéger le bébé.

Ces recommandations vont être réactualisées d'ici l'été 2017 et une campagne d'information sera diffusée auprès des professionnels de santé, afin de mieux faire connaître ce syndrome. Enfin, le carnet de santé, qui doit être modifié courant 2017, sera adapté avec un message dédié aux parents, afin de mieux les conseiller sur les pleurs de leur bébé et les conduites à tenir en cas d'énervement

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