Syndrome du bébé secoué: quelle attitude face à des pleurs prolongés?

Plus de 200 nourrissons en seraient victimes chaque année. La Haute Autorité de Santé actualise ses recommandations pour un meilleur diagnostic du syndrome du bébé secoué et sensibilise les parents et professionnels de santé.

Syndrome du bébé secoué: quelle attitude face à des pleurs prolongés?
© Konstantin Tronin

[Mise à  jour du 29/09/2017]. Chaque année, entre 120 et 240 nouveau-nés seraient victimes de ce choc traumatique lié à de violentes secousses pour l'enfant, entraînant des séquelles irréversibles, voire la mort. Le 1er mars dernier, dans le cadre du premier plan de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants, l'ancienne ministre de la Famille, de l'Enfance et des Droits des Femmes, avait mis l'accent sur le syndrome du bébé secoué. Pour informer les parents et professionnels de santé, la Haute Autorité de Santé (HAS) adapte ses recommandations sur le diagnostic de ce syndrome, ainsi que sa fiche mémo afin de permettre à chacun de réagir en cas de maltraitance infantile

Les nouvelles recommandations de la HAS. Afin d'aider les professionnels à mieux repérer les syndromes du bébé secoué et de sensibiliser le grand public, la Haute autorité de santé a publié en 2011 une série de recommandations qui viennent d'être actualisées, en collaboration avec la Société française de médecine physique et de réadaptation (SOFMER). L'objectif : mieux diagnostiquer et repérer les cas, et favoriser la prévention auprès des parents sur les risques du secouement et les moyens de l'éviter. Ainsi, les critères diagnostiques ont été affinés, en prenant en compte notamment "le mécanisme causal et la datation des lésions", mais aussi la version rapportée par l'adulte accompagnant. De plus, les radiographies de squelette à réaliser ont été listées tout comme les modalités de l'IRM.

En cas de suspicion d'un cas de syndrome de bébé secoué, le bilan à effectuer a été précisé, "en particulier la liste exhaustive des éléments nécessaires et suffisants du bilan d'hémostase", précise la HAS, qui rappelle qu'en cas de doute, "l'enfant doit bénéficier d'une hospitalisation en soins intensifs pédiatriques, avec avis neurochirurgical". Quant aux professionnels de santé, ils doivent impérativement effectuer un signalement auprès du procureur de la République afin de protéger l'enfant, et demander l'avis d'un confrère. "Lorsqu'un SBS est suspecté, une première réunion d'au moins deux médecins doit avoir lieu sans délai. Un premier signalement sera adressé qui pourra ensuite être complété par une évaluation psycho-sociale", explique la HAS.

Une meilleure information sur la maltraitance infantile. La HAS actualise également sa fiche mémo consacrée aux enfants maltraités et ceux à risques. "La difficulté et la complexité des situations, ainsi que le fort sentiment d'isolement du professionnel de santé expliquent la nécessité de mettre à la disposition des informations actualisées, claires et précises pour les aider dans le repérage des violences et pour les accompagner dans la conduite à tenir pour protéger l'enfant", précise le communiqué. Au delà des signes de maltraitances indéniables tels que des fractures, des brûlures ou des bleus... les professionnels de santé seront amenés à s'interroger davantage sur des signes moins évidents comme un changement de comportement de l'enfant ou l'attitude des parents.

Pleurs prolongés : coucher le bébé sur le dos dans son lit et quitter la pièce

Ce sont les pleurs excessifs des bébés, qui amènent le plus souvent les parents, ou toute autre personne qui s'en occupe, à les secouer. Supportant difficilement de ne pas savoir comment les calmer, ils perdent patience et en arrivent à les maltraiter. Mais ce qu'ils ne savent pas toujours, c'est que cet acte provoque des conséquences parfois irréparables pour le bébé : 10 % à 40 % d'entre eux meurent des suites d'un traumatisme crânien et la majorité des autres conservent des séquelles neurologiques graves, à vie. Le syndrome du bébé secoué concernerait dans la majorité des cas, les moins de 6 mois, et particulièrement les garçons de moins d'un mois. A cet âge, le cerveau du nourrisson n'étant pas complètement développé, il ne remplit pas la boîte crânienne. Aussi, lors de violentes secousses, celui-ci peut s'écraser contre les parois et provoquer une rupture des vaisseaux sanguins. Par ailleurs, le fait que la tête soit proportionnellement plus lourde que celle d'un adulte et que les muscles du cou ne maintiennent pas la tête du bébé bien droite favorisent également les lésions cérébrales. 

Les professionnels de santé doivent être sensibilisés afin de constituer un relais auprès des parents et notamment des jeunes parents, dès la sortie de la maternité. Selon la HAS, il est indispensable de les informer sur les pleurs du nourrisson, sur la possibilité d'en être exaspéré et sur les conséquences parfois irréparables du secouement. Elle revient également sur la nécessité de conseiller les parents sur les bonnes attitudes à adopter face à des pleurs prolongés : coucher le bébé sur le dos dans son lit et quitter la pièce. Inutile de culpabiliser : mieux vaut se ménager, c'est aussi une façon de protéger le bébé. 

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