Vaccin contre le cancer du col de l'utérus : vraiment utile ? Vaccination et dépistage par frottis : deux stratégies complémentaires

La vaccination ne dispense pas d'un dépistage régulier par frottis. Tel est le message de la campagne radio lancée par l'Institut national du Cancer (Inca) en début d'année. 

L'occasion de rappeler que le frottis est un moyen de prévention efficace pour dépister les lésions cancéreuses causées par les papillomavirus. 

Zoom sur le frottis. Pratiqué par un gynécologue, un médecin généraliste ou encore une sage-femme, le frottis consiste en un simple prélèvement de cellules à la surface du col de l'utérus, analysées ensuite par un laboratoire. L'examen est recommandé chez les femmes de 25 ans à 65 ans, tous les trois ans, qu'elles soient vaccinées ou pas. Tout comme la mammographie, le frottis est un examen essentiel. De fait, il permet de détecter les lésions précancéreuses et cancéreuses du col afin de les traiter le plus tôt possible. Le problème, c'est que de nombreuses femmes ne bénéficient pas d'un suivi gynécologique régulier. Résultat : 40 % des femmes ne réalisent pas de frottis régulièrement. Une situation d'autant plus dommageable que 90 % des cancers du col de l'utérus pourraient être évités par un dépistage tous les trois ans, rappelle l'Inca. "En l'espace de 20 ans, ce dépistage a montré une réduction de moitié du nombre de cas et de la mortalité liée à ce cancer". Et un dépistage systématique et organisé pourrait augmenter encore ses performances. "Il pourrait permettre d'atteindre en quelques années une couverture de dépistage de 80 % des femmes et ainsi de réduire de plus de 20 % le nombre de décès".

Reste que selon les autorités de santé, la meilleure stratégie consiste à associer vaccin et frottis. "Il existe deux moyens pour prévenir le cancer du col de l'utérus : la vaccination des jeunes filles pour prévenir l'infection par certains papillomavirus humains et la détection précoce des lésions précancéreuses par frottis du col utérin. Ces deux moyens sont complémentaires."

La couverture vaccinale anti-papillomavirus demeure faible en France : moins de 30 % des jeunes filles sont correctement vaccinées. Et le choix des pouvoirs publics est clairement affirmé, malgré les doutes et les plaintes. François Hollande l'a d'ailleurs annoncé lors du lancement du 3e plan cancer : "D'ici cinq ans nous allons doubler la couverture vaccinale", rappelant dans le même temps la nécessité d'améliorer le dépistage du cancer de l'utérus, avec une "généralisation du frottis tous les trois ans".

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