Vaccin contre le cancer du col de l'utérus : vraiment utile ? Gardasil : plusieurs plaintes en France

Plusieurs patientes accusent le Gardasil d'être le responsable de graves affections apparues peu après leur vaccination. 

En novembre dernier, la première plainte à l'encontre du vaccin Gardasil jetait le discrédit sur la vaccination contre le cancer du col de l'utérus. A 18 ans, Marie-Océane accuse en effet ce vaccin d'être responsable de graves troubles neurologiques, apparus deux mois après sa vaccination en décembre 2010. La plainte, défendue par Me Courbis à Marseille, est déposée contre le laboratoire Sanofi, mais également contre l'Agence du médicament. Elle s'appuie sur une double expertise commandée par la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) d'Aquitaine, qui considère que le vaccin, en stimulant l'immunité de la jeune femme, a effectivement pu initier une série d'événements entraînant une inflammation de son système nerveux central. Autrement dit, la vaccination aurait été le déclencheur d'un risque sous-jacent qui ne se serait jamais manifesté sans elle. Reste que les experts de la CRCI ne remettent pas en cause le Gardasil et précisent qu'il n'existe "aucun argument scientifique en faveur de l'incrimination du Gardasil comme facteur causal des pathologies inflammatoires du système nerveux". 

Quelques semaines plus tard, neuf autres jeunes filles déposent une plainte groupée contre X au tribunal de Bobigny (Seine Saint Denis). Cinq d'entre elles souffrent de la maladie de Verneuil, une maladie de peau auto-inflammatoire et mal connue. 
L'une d'elles, Julie, témoigne sur le blog "Les filles et le Gardasil" : "Avant ce jour, j'étais une adolescente lambda, sans souci de santé. 15 jours après la 1ère injection, j'ai constaté qu'une boule, ou un abcès, s'était manifesté dans mon aisselle". Les traitements antibiotiques sont un échec et c'est finalement dans le service de dermatologie de l'hôpital de la Conception à Marseille qu'elle trouve une réponse. Diagnostic : maladie de Verneuil. Cette maladie de peau mal connue se manifeste par des abcès situés dans les plis du corps (aines, aisselles, coccyx, plis des seins...). "A partir de ce jour là, ma vie a changé !". Très vite sa mère fait le lien avec le vaccin contre le papillomavirus, injecté seulement 15 jours avant. Elle se heurte pourtant à l'incompréhension des médecins et au "refus total d'établir une causalité quelconque entre les deux." En effet, lorsque le médecin de Julie tente de déclarer la maladie de Verneuil au Centre régional de pharmacovigilance, on répond à Julie que "l'imputabilité du vaccin n'a pas été établie". Aujourd'hui, la jeune femme vit au rythme de ses abcès. Chaque jour, un infirmer vient lui changer ses pansements. "Les plaies ne guérissent pas et m'empêchent de travailler, ou même de faire les gestes les plus simples de la vie courante comme me laver le dos ou les cheveux, m'habiller seule et mettre des tenues normales", explique-t-elle encore.

En Vidéo : le témoignage de Julie 

D'autres maladies de Verneuil. Parmi les clientes de Me Camille Kouchner, cinq ont déclaré une maladie de Verneuil. Plusieurs d'entre elles se sont heurtées aux mêmes difficultés pour déclarer leur maladie. Selon l'avocate, le système de pharmacovigilance pose problème. Avant de porter plainte, l'une des jeunes filles avait en effet tenté, comme Julie, de déclarer sa pathologie au Centre régional de pharmacovigilance. "Mais elle avait reçu la même réponse de leur part, expliquant qu'aucun cas similaire n'avait été rapporté dans la base nationale de pharmacovigilance", nous explique Me Kouchner. Bien que plusieurs plaignantes aient développé la maladie de Verneuil, il n'existe aujourd'hui aucun lien démontré avec le vaccin. Elle ne figure donc pas sur la notice du Gardasil.

Sommaire