Prothèses mammaires : les risques de complications subsistent

Quatre ans après l'affaire des prothèses PIP, un rapport de l'Agence du médicament souligne que les patientes doivent être mieux informées quant aux risques de complications.

Prothèses mammaires : les risques de complications subsistent
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Depuis le scandale des prothèses PIP qui s'était soldé en décembre dernier par la condamnation de son fondateur, Jean-Claude Mas, l'Agence du médicament (ANSM) surveille de près les prothèses mammaires. Dans un rapport publié aujourd'hui sur leur utilisation en France sur ces trois dernières années, elle signale qu'environ 340 000 femmes sont ou ont été porteuses de ces implants. Parmi elles, 80 % le font dans un but esthétique alors que 20 % des implantations sont des reconstructions mammaires après un cancer du sein. Le rapport recense surtout les déclarations d'incidents sur cette période. Dans 65 % des cas, il s'agit de ruptures d'implants, une complication "connue et sérieuse" de l'implantation des prothèses mammaires et nécessitant une ré-intervention, précise l'ANSM. Au total, elles sont très faibles (taux de rupture de 0,01 % à 0,3 %) mais néanmoins en augmentation en 2012. Selon l'ANSM, cette hausse est à mettre en relation avec la médiatisation autour des implants mammaires de la société PIP, en particulier fin 2011, laquelle aurait en effet incité les patientes et les chirurgiens à un meilleur suivi et donc à plus de déclarations d'incidents. 
22 cas de cancers du sein ont par ailleurs été signalés à l'Agence du médicament. "Cette donnée ne correspond à aucun sur-risque de cancer du sein par rapport à la population générale de femmes", rassure l'ANSM. En revanche, 9 cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules ont été enregistrés depuis le 1er janvier 2010. "Il s'agit d'une pathologie extrêmement rare qui n'a été observée que chez des femmes porteuses d'implants mammaires", indique l'Agence. Cependant, "la majorité des cas décrits a présenté une évolution favorable avec un traitement local", précise encore l'Agence.
Un suivi est nécessaire pour les femmes porteuses de prothèses mammaires. Reste qu'une implantation mammaire n'est pas un acte médical anodin. Les risques de complications liés à l'intervention et à leur pose existent. Alors que ces ruptures surviennent en moyenne 7,6 ans après la pose selon ce rapport, l'ANSM rappelle que la durée de vie des implants posés est limitée dans le temps. Une ou plusieurs autres interventions sont donc nécessaires après la première pose et un suivi médical régulier est indispensable afin de s'assurer de l'intégrité de l'implant mammaire.

En mars 2010, les prothèses commercialisées par la société PIP avaient été retirées du marché suite à un taux de rupture deux fois plus important comparé aux autres fabricants.