Pilules de 3e génération : des risques ? Ce qu'il faut savoir sur la pilule de 3e génération

Pilule de 2e, 3e, 4e génération... Késako ?

Il existe deux grandes catégories de contraceptifs oraux. Les pilules qui contiennent à la fois un estrogène et un progestatif sont appelées contraceptifs oraux combinés. Il s'agit des pilules classiques, les plus couramment prescrites. Elles sont classées par "génération" en fonction de leur ancienneté. Aussi les pilules de 3e génération sont plus récentes que celles de 2e génération. Ce qui les distingue, c'est la nature du progestatif qu'elles contiennent. Ainsi, les pilules de 2e génération contiennent du lévonorgestrel ou du norgestrel. Les pilules de 3e génération contiennent du désogestrel, du gestodène ou du norgestimate. Enfin, les autres pilules combinées contiennent de la drospirénone (parfois appelés pilules de 4e génération), de la chlormadinone, du diénogest ou du nomégestrol.

les pilules de 3e génération ne seront plus remboursée à partir du 31 mars 2013.
Les pilules de 3e génération ne seront plus remboursée à partir du 31 mars 2013. © Dalaprod - Fotolia.com

L'autre catégorie de contraceptifs oraux, ce sont les pilules microdosées. Elles contiennent beaucoup moins (ou pas du tout) d'estrogènes. Elles sont conseillées aux femmes qui ont un risque de thrombose : les fumeuses, celles qui font de l'hypertension ou du diabète ou pendant la période d'allaitement.

Pourquoi les pilules de 3e génération ne seront plus remboursées ?

En septembre dernier, Marisol Touraine, Ministre de la Santé, annonçait le déremboursement des pilules combinées de 3e génération (contenant du désogestrel ou du gestodène) à compter du 30 septembre 2013. Il sera finalement effectif plus tôt, le 31 mars prochain. Jusqu'à présent, ces pilules étaient prises en charge à hauteur de 65 % par l'Assurance maladie. La raison de cette décision ? Un risque de thrombose veineuse* (phlébite, embolie pulmonaire) deux fois plus élevé chez les femmes sous pilule de 3e génération (et 4e génération contenant de la drospirénone) que sous pilule de 2e génération.

S'il existe un risque de thrombose veineuse, pourquoi ces pilules ne sont-elles pas retirées du marché ?

Bien que ce risque soit bien connu et grave, il reste faible : de 3 à 4 cas pour 10 000 utilisatrices de contraceptif oral combiné de 3e génération. Par comparaison, ce risque est de 2 cas pour 10 000 utilisatrices de pilule combinée de 2e génération et de 0,5 à 1 cas pour 10 000 femmes sans contraception. A noter aussi que le risque de thrombose veineuse est de 6 cas pour 10 000 femmes au cours de la grossesse.
Le rapport bénéfice / risque de ces contraceptifs reste positif, à condition de respecter les contre-indications et les précautions d'emploi. C'est pourquoi, ce risque doit toujours être évalué au cas par cas, pour les femmes qui prennent la pilule. Aussi, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recommande aux professionnels de santé de privilégier la prescription des pilules combinées de 2e génération et de rechercher les facteurs de risque, notamment de thrombose, lors de toute prescription à une nouvelle utilisatrice**. Le risque de thrombose est en effet maximal dans la première année qui suit le début de la première prescription d'une pilule combinée ou la reprise d'une pilule combinée après une interruption.

Est-il urgent d'arrêter sa pilule de 3e génération ?

Non il n'y a pas d'urgence si elle est prise depuis longtemps et bien tolérée. Lire aussi notre interview du Dr Béatrice Guigues, gynécologue.

 

*Avis de l'agence européenne du médicament (EMA) publié en septembre 2012. 

** Information ANSM aux prescripteurs, décembre 2012.

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