Pilule contraceptive de 3e génération : handicapée, elle attaque Bayer

Une jeune femme lourdement handicapée suite à un accident vasculaire cérébral, porte plainte contre le laboratoire allemand Bayer. Elle accuse la pilule de 3e génération, Meliane, d'en être responsable.

Pilule contraceptive de 3e génération : handicapée, elle attaque Bayer
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13 500 plaintes déposées aux Etats-Unis contre la pilule de 3e génération YAZ, du laboratoire Bayer, mais en France, c'est une première : Marion Larat, 25 ans, handicapée à 65% depuis son accident vasculaire cérébral en 2006, a décidé de porter plainte contre le directeur général de Bayer Santé pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine", ont indiqué ses avocats, Me Philippe Courtois et Me Jean-Christophe Coubris, confirmant une information du Monde. Alors que son AVC, l'avait plongée dans le coma, le 13 juin 2006, la jeune femme prenait la pilule Meliane depuis quatre mois. Une pilule de 3e génération, prise aujourd'hui par 1,5 à 2 millions de femmes en France et pour laquelle l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a lancé plusieurs alertes dans le passé sur les risques thrombo-emboliques et préconisé qu'elles ne soient prescrites qu'en second recours. Marion qui souffre de nombreuses séquelles, dont des troubles du langage et de la mémoire, n'a pourtant fait le lien avec la prise de la pilule qu'en 2010, après une consultation chez "une nouvelle gynéco": "une hématologue a alors revu mon dossier et m'a dit que c'est la prise de la pilule qui a provoqué mon accident cérébral". Selon l'AFP, qui a pu consulter le dossier pénal, la plainte vise aussi le directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui n'a pas demandé le retrait de cette pilule du marché, contrevenant ainsi au principe de précaution, selon les avocats.
"Les pilules de troisième génération ne sont pas plus efficaces que les autres, et sont plus dangereuses", conclut de son côté Me Jean-Christophe Coubris. "On ne comprend pas pourquoi elles ne sont pas retirées du marché", ajoute-t-il. Selon la Commission de transparence de la Haute autorité de santé (HAS), on relève "un risque de complications thrombo-veineuses (les phlébites) deux fois plus élevé que chez les femmes sous pilules de 2e génération". Un risque qui reste toutefois très faible, "de 3 à 4 cas pour 10 000 utilisatrices et accru par l'âge (plus de 35 ans), le tabagisme, l'obésité ou un terrain familial de phlébites", selon le ministère de la Santé, qui a par ailleurs, annoncé mi-septembre la fin du remboursement par la Sécurité sociale des pilules de 3e génération. Une mesure qui sera effective à partir de septembre 2013.
Sources : AFP