Périnée : ce qu'il faut savoir Constipation, surpoids, ménopause... Tout ce qui rend le périnée moins tonique

Pour protéger et muscler son périnée, il faut apprendre à le contracter. Mais certains facteurs contribuent à l'affaiblir.

Le périnée subit de fortes pressions, liées en particulier au poids des viscères et surtout au poids de l'utérus puis du bébé chez la femme enceinte. Normalement, la nature est bien faite et le périnée est programmé pour réagir aux surpressions abdominales et les contrer grâce à une contraction réflexe. Mais lorsque les muscles sont affaiblis ou que les réflexes sont altérés, le périnée est moins efficace. Il existe alors un risque de fuite urinaire, voire plus grave une descente d'organe (prolapsus).
Et si la grossesse sollicite beaucoup le périnée, il faut savoir, qu'il en est de même lorsqu'on est en surpoids. Pour un IMC supérieur à 40, le risque de fuite urinaire est ainsi multiplié par 6. "Une perte de poids de 10 % peut diminuer les fuites de 50 %", précise le docteur Jean-François Hermieu, urologue à l'hôpital Bichat à Paris. Ainsi selon les cas, il est parfois plus judicieux de perdre du poids que de passer par la chirurgie pour soigner des fuites urinaires. A la limite, "en cas d'obésité massive, on préfèrera une chirurgie bariatrique pour faire perdre du poids et ainsi réduire l'incontinence urinaire, plutôt que de proposer une chirurgie urinaire", explique-t-il.

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Verrouiller le périnée dans les situations où il est sollicité permet de le protéger. © Drubig photo - Fotolia.com

En dehors du surpoids, d'autres facteurs ont une influence sur le périnée. En particulier, le tabac du fait qu'il peut engendrer des quintes de toux, qui vont pousser sur le périnée. De même que la constipation : le fait de pousser appuie sur le plancher pelvien et affaiblit le périnée. Le fait de porter des charges lourdes est également un facteur de risque. A noter qu'il existe aussi des facteurs génétiques : certaines personnes ont des tissus de soutien de moindre qualité. Par ailleurs, boire trop d'eau pendant la journée n'est pas recommandé lorsqu'on a un périnée affaibli. "Une personne incontinente ne devrait pas boire trop d'eau quotidiennement, de même qu'elle devrait éviter de faire des abdos", recommande la kinésithérapeute Marie Koehl-Le Brun. C'est bien de s'hydrater, attention à ne pas arriver à l'excès inverse, surtout lorsqu'on a des raisons d'avoir un périnée un peu moins tonique. "Une femme ne devrait pas boire plus de 2 L d'eau par jour. Au-delà c'est trop. De même, il faut se méfier des diurétiques, en particulier le thé et le café", précise-t-elle.
De plus, au fil du temps, certains facteurs rendent le périnée plus vulnérable, en particulier la ménopause, du fait du relâchement des muscles et des carences en œstrogènes qui diminuent le tonus du périnée.

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