Les Françaises connaissent mal la pilule du lendemain

Entre peurs et idées reçues, la contraception d'urgence n'a pas la cote auprès des Françaises. Une récente enquête révèle que seule une femme sur cinq qui a un rapport sexuel sans contraception prend la pilule du lendemain.

Les Françaises connaissent mal la pilule du lendemain
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Oubli de pilule, rupture de préservatif, arrêt de contraception... Une Française sur trois a eu un rapport sexuel sans contraception efficace au moins une fois dans l'année. Pourtant, ces femmes sont peu nombreuses à avoir recours à la contraception d'urgence. Les conclusions d'un sondage BVA* pour HRA Pharma (principal fabricant de pilules du lendemain), montre que les femmes connaissent mal cette contraception "de rattrapage" et que certains préjugés persistent.

Une pilule abortive, qui rend stérile...

En effet, 26 % des femmes interrogées pensent que la contraception d'urgence agit "comme un avortement" (une affirmation fausse), et 15 % ignorent si c'est le cas ou non. Pire, 38 % des répondantes ignorent si la pilule du lendemain rend stérile ou non, et 8 % le pensent réellement. Par ailleurs, 30 % d'entre elles seulement savent que cette pilule n'est pas efficace à 100 %, même si on la prend dès le lendemain.

Conséquence de cette méconnaissance, 4 femmes sur 5 qui ont été exposées à un risque de grossesse non désirée n'ont pas pris de contraception d'urgence.

Sentiments de culpabilité et de honte

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La pilule du lendemain n'est pas un moyen de contraception classique. Elle ne peut remplacer un moyen de contraception "durable" comme la pilule contraceptive ou le stérilet par exemple. ©  dalaprod - Fotolia

Cette enquête montre aussi que les femmes se sentent coupables de prendre ce type de contraceptifs. Pour 66 % d'entre elles la pilule du lendemain est une pilule qui montre que l'on a été imprudente avec sa contraception. Pas moins d'une femme sur cinq déclare même qu'elle en a honte ! "La pilule du lendemain suscite les mêmes idées reçues que la pilule contraceptive classique lors de ses débuts", explique le Dr Michèle Lachowsky, gynécologue et psychosomaticienne.

La contraception d'urgence, comment ça marche ?

Les contraceptions d'urgence, ce sont deux types de solutions : les pilules hormonales d'un côté et le stérilet au cuivre de l'autre.

 La "pilule du lendemain" contient du lévonorgestrel. Il est possible de la prendre jusqu'à 72 heures (3 jours) après un rapport sexuel non ou mal protégé. Elle coûte entre 6 et 8 euros. Elle est délivrée sans ordonnance mais elle est remboursable à 65 % si elle est prescrite par un médecin. Elle est gratuite pour les mineures et pour les étudiantes au sein des services universitaires de médecine préventive (SUMPPS).

 La "pilule du surlendemain" contient de l'ulipristal acétate. Il est possible de la prendre jusqu'à 120 heures (5 jours) après un rapport sexuel non ou mal protégé. Elle coûte entre 23 et 25 euros. Elle est délivrée sur ordonnance et remboursable à 65 % par l'Assurance maladie.

A noter : Ces pilules fonctionnent en retardant l'ovulation jusqu'à ce que les spermatozoïdes soient inactifs. Elles ne sont pas abortives puisqu'elles ne sont plus efficaces si la fécondation a déjà eu lieu. Plus elles sont prises tôt après le rapport, plus ces pilules sont efficaces.

 Le stérilet au cuivre est une contraception d'urgence méconnue. Il peut être posé jusqu'à 5 jours après le rapport. Il présente l'avantage d'être à la fois une contraception d'urgence et une contraception durable par la suite. Il n'est toutefois pas très utilisé en tant que "contraceptif de rattrapage" car il peut être compliqué d'obtenir un rendez-vous chez un gynécologue dans les 5 jours de délai.

* L'étude a été menée en ligne du 15 au 30 mars 2012 auprès d'un échantillon de 3 775 femmes âgées de 16 à 45 ans, représentatif de la population française sur les critères d'âge, de région et de CSP. Au sein de cet échantillon, BVA a interrogé les 2 415 femmes fertiles, hétérosexuelles et ayant des rapports sexuels.

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