Le don de gamètes : comment ça se passe ? "Il faudrait que le don soit moins tabou"

Natacha, 33 ans, a trois enfants (âgés de 11, 7 et 4 ans). Elle va bientôt faire son 4e don d'ovocytes.

Comment avez-vous connu le don d'ovocytes ?

 En lisant un article à la PMI lorsque ma dernière fille avait deux mois. Tout de suite, j'ai téléphoné pour savoir comment se déroulait le don. On m'a répondu que ce n'était pas possible pendant la période d'allaitement. Lorsqu'au bout de 6 mois j'ai arrêté d'allaiter, j'ai recontacté le centre de dons. Je me suis posé des questions bien évidemment, mais au premier rendez-vous au Cecos, tout est expliqué, les psys répondent à nos questions, etc. Tout me paraissait finalement clair.

Quelles ont été pour vous les contraintes du don ?

 Au niveau des frais engendrés par les différentes consultations (le Cecos pratiquant le don d'ovocytes le plus proche de chez moi est à 200 km), il m'a fallu tout avancer et c'est la sécu et ma mutuelle qui m'ont remboursée. De même pour les échographies et prises de sang régulières, je n'allais pas faire 400 km (à mes frais) dans la journée pour les faire gratuitement au Cecos, du coup, je devais toujours avancer l'argent. Je trouve ça dommage et ça peut être décourageant. Il faudrait simplement que ça ne coûte rien de donner. 

En ce qui concerne le traitement, il est contraignant (une piqûre chaque jour pendant dix-douze jours, des prises de sang et échographies tous les 2-3 jours) mais il suffit d'être organisée ! En plus, 10 jours, c'est très court. Ensuite, pour la ponction, c'est une douleur supportable et temporaire : une heure plus tard on se sent bien et le soir même on ne sent plus rien. Les équipes médicales sont aux petits soins avec nous pendant le don. J'avais l'impression d'être la VIP du jour !

Comment augmenter le nombre de donneuses ?

 Pour augmenter le nombre de donneuses, il faudrait que ce soit moins tabou. Peu de gens parlent de leur don et nombreux sont ceux qui ne connaissent pas cette procédure ou ont des a priori. Et surtout, il faut arrêter de croire qu'on donne des bébés ! Non, on ne donne que des cellules de son corps. Personnellement, je ne suis pas pour la rémunération des donneuses.

Sans le principe d'anonymat du don, vous l'auriez fait ?

 Je ne sais pas. C'est surtout par rapport aux parents de l'enfant que ça me gênerait. L'anonymat me semble normal et indispensable.

Pour donner en France, il faut déjà être parent. Ce sont souvent des gens qui savent l'amour et l'importance que prend un enfant dans leur vie. Et le don c'est un mois de sa vie pour permettre à des gens qui ne peuvent pas avoir d'enfant de connaître les mêmes bonheurs qu'on a au quotidien en tant que parents.

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