IVG et contraception : un accès toujours difficile

Si la loi Veil de 1975 garantit aux Françaises l'accès libre à la contraception et à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), les textes semblent moins faciles à appliquer qu'ils n'y paraissent. Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) remis hier à Mme Bachelot, ministre de la Santé, indique que le nombre d'IVG reste "à un niveau relativement important", mais l'accès à l'IVG en France est inégal sur le territoire. Le nombre d'établissements hospitaliers pratiquant des IVG a diminué de façon inquiétante ces dernières années. De plus, les délais de prise en charge peuvent être très longs et rendre impossible un IVG dans les délais légaux français.
Le nombre d'IVG en France est d'environ 200 000 par an. Parmi ces IVG, 72 % sont pratiqués sur des femmes sous contraception. Il s'agit le plus souvent d'oublis ou de mauvaises utilisations des contraceptifs.
Le rapport de l'Igas pointe cette faiblesse : une meilleure information sur les différentes contraceptions possibles est indispensable pour éviter ce genre de recours pour les jeunes mais aussi pour les couples plus âgés. Il faut savoir qu'il y a plus de femmes de 40 ans qui ont recours chaque année à l'IVG que de mineures. Les jeunes ne sont donc pas les seuls à être mal informés sur les méthodes contraceptives.  Enfin le rapport explique aussi que si l'accès la contraception est un droit en France et les plannings familiaux peuvent fournir aux mineures des contraceptifs sans avertir leurs parents, une certaine hypocrisie demeure sur le remboursement des pilules par la sécurité sociale, qui nécessite l'accès à la carte Vitale parentale… Le prix annuel de la contraception est aussi une limitation pour de nombreuses femmes qui n'ont pas les moyens d'acheter régulièrement leur contraceptif.

Source : ministère de la Santé