Endométriose : un calvaire pour les patientes Endométriose : quels traitements ?

L'endométriose se manifeste par de fortes douleurs rythmées par le cycle hormonal. Assez logiquement donc, les douleurs disparaissent à la ménopause. La base du traitement est donc hormonale et le premier d'entre eux, c'est la pilule, prescrite en continu. En bloquant les règles, elle évite ainsi les douleurs. "Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas dangereux du tout et cela n'a rien à voir avec une ménopause", rassure le Dr Sauvanet. Lorsque cela ne suffit pas, il convient d'entamer un traitement qui va induire une ménopause artificielle (injection d'agonistes de la GnRH), pour une durée limitée à "18-24 mois cependant", précise le médecin. 

Prendre en charge le mal-être psychologique. Avant d'être diagnostiquée, c'est un peu le parcours du combattant, ainsi que nous le confirme Eric Sauvanet : "Ces femmes vivent une réelle souffrance physique, avec des répercutions sur leur vie professionnelle et intime. Le plus souvent, elles se plaignent de ne pas être écoutées et entendues. Elles sont donc très fragiles psychologiquement", décrit-il. Dans certains centres très spécialisés (il en existe 5 en Ile de France), on propose d'ailleurs une prise en charge psychologique, comme au sein du centre "endométriose" du Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph (GHPSJ). "Les patientes ont la possibilité de parler à des psychologues, de bénéficier de consultations en sophrologie ou encore de participer à des groupes de parole. L'important, c'est qu'elles ne se sentent pas isolées pendant une prise en charge strictement médicale."

La chirurgie : des récidives ? En plus du traitement hormonal, l'autre solution consiste à opérer la patiente afin de retirer le maximum de cellules d'endométriose. Cela nécessite d'avoir des équipes bien rodées et multi-disciplinaires, remarque le Dr Sauvanet. Car parfois plusieurs chirurgiens peuvent être amenés à travailler de concert pour s'appliquer à nettoyer au mieux l'endométriose : parfois, un chirurgien gynécologue opère l'ovaire et un chirurgien gastrique s'occupe des intestins, pendant la même opération. "C'est pourquoi je recommande aux patientes de s'adresser si possible à un centre spécialisé ou à des équipes bien formées qui ont l'habitude de faire ce genre d'interventions." Au final, les résultats sont plutôt satisfaisants : "on arrive à soulager 60 à 80 % des femmes." Mais le spécialiste est clair : plus les formes d'endométriose sont sévères, plus le risque de récidive est élevé. Dans ces cas-là, un traitement hormonal est conseillé en prévention. L'idée étant d'éviter de réopérer ces femmes, car rappelons-le ces opérations sont lourdes. En outre, sur le plan de la fertilité, la multiplication des opérations risque d'abîmer les ovaires.

Et la recherche ? Les causes de l'endométriose demeurent mal connues. Y-a-t-il une part génétique ? Peut-être si l'on en croit les formes familiales d'endométriose. Mais est-ce le fruit du hasard ou pas, rien n'est moins sûr. Pour l'heure, plusieurs équipes travaillent un peu partout dans le monde sur cette pathologie encore bien mystérieuse. Ce que l'on sait, c'est qu'il existe beaucoup de similitudes entre l'endométriose et le cancer du sein, de par leur composante hormonale et leur côté prolifératif. C'est une des pistes sérieuses à l'étude, même si pour le moment, rien n'a réellement aboutit. "On pense aussi au bisphénol A et à d'autres polluants qui pourraient avoir un effet sur l'apparition de l'endométriose, y compris in utero", précise encore le docteur Sauvanet.

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