Endométriose : un calvaire pour les patientes Endométriose : 7 années de calvaire

Une femme sur dix serait touchée par cette maladie gynécologique en France. Pourtant, elle demeure mal connue à la fois par le grand public et par le corps médical lui-même. "Les médecins sont mal formés en raison d'un déficit d'enseignement de l'endométriose dans les facultés de médecine", commente le Dr Eric Sauvanet, Chef de service de Chirurgie Gynécologique du Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph. Résultat, des années d'attente, mais surtout de douleurs pour les femmes qui en souffrent, le plus souvent en silence. Il faut en moyenne 7 ans avant de poser un diagnostic. "Le problème, c'est que les signes spécifiques de l'endométriose sont très difficiles à observer avec une banale échographie. Donc le plus souvent, les résultats sont faussement rassurants", explique le Pr Sauvanet. Lorsqu'il s'agit d'une endométriose ovarienne, c'est relativement simple à diagnostiquer, mais lorsqu'il s'agit d'une forme adhérentielle ou digestive, c'est plus compliqué. En outre, "l'examen le plus pertinent pour établir un diagnostic est l'IRM, mais son accès est problématique en France en raison d'un faible équipement". Obtenir un rendez-vous peut donc devenir laborieux.

C'est que l'endométriose est une pathologie pour le moins complexe. Chaque mois, au moment des règles, la majorité des femmes atteintes de cette pathologie gynécologique souffrent de douleurs intenses. "Ces douleurs se manifestent le plus souvent pendant toute la durée des règles, décrit le Dr Sauvanet. Dans les formes plus sévères, elles peuvent même s'étaler un peu avant et un peu après." Ce qui permet de différencier les douleurs de l'endométriose de douleurs menstruelles classiques ? D'abord, leur intensité est telle qu'aucun antalgique ne parvient à les calmer, mais surtout, elles empêchent les femmes de mener leurs activités. "La plupart sont incapables d'aller travailler", commente le spécialiste.

D'autres symptômes peuvent s'ajouter au tableau clinique : la fatigue, les douleurs lors des rapports sexuels, mais aussi au moment de la défécation. En réalité, les symptômes varient beaucoup d'une femme à l'autre. Pour comprendre, il faut revenir aux causes de l'endométriose. En temps normal, les cellules de l'endomètre, qui tapissent l'utérus, réagissent aux hormones tout au long du cycle menstruel. Si aucune grossesse ne survient, ces cellules se désagrègent et sont éliminées : ce sont les règles. Mais il arrive que les cellules ne soient pas évacuées correctement et qu'elles se disséminent et prolifèrent dans des zones inhabituelles du corps, parfois jusque dans le tube digestif. L'ennui, c'est que ces cellules sont "programmées" pour réagir aux hormones. Aussi, au moment des règles, elles vont se détacher et provoquer une réaction inflammatoire, responsable de fortes douleurs. C'est ce qui explique que les femmes puissent souffrir de symptômes variables selon la localisation des cellules : douleurs abdominales le plus souvent, mais aussi douleurs digestives. "Parmi les femmes qui souffrent d'endométriose, une sur cinq a une forme digestive", précise Eric Sauvanet.

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