Un "Octobre rose" sous le signe de la polémique

L'association UFC-Que choisir dénonce une campagne de communication autour du dépistage du cancer du sein qui "tient plus à l'injonction qu'à l'information". Elle demande que les inconvénients de cet examen soient exposés clairement aux femmes afin qu'elles puissent le choisir de façon éclairée.

Un "Octobre rose" sous le signe de la polémique
© Tyler Olson - Fotolia.com

Alors qu'Octobre rose, le mois de promotion du dépistage organisé du cancer du sein débute dans quelques jours, cet examen généralisé ne fait plus l'unanimité. L'association de consommateurs UFC-Que choisir rappelle que ses risques et ses bénéfices sont controversés au sein de la communauté scientifique et demande au gouvernement d'agir afin que les Françaises puissent choisir librement de le passer ou non.  

Les sur-traitements

Le dépistage organisé du cancer du sein est organisé en France depuis 2004. Accessible aux femmes de 50 à 74 ans, il consiste à passer une mammographie tous les deux ans ou tous les ans si le médecin l'estime nécessaire. Si de premier abord on peut penser qu'il n'a que des avantages, il comporte pourtant des inconvénients et des risques. En effet, ce dépistage entraîne la découverte de formes précoces de cancers qui n'auraient peut-être jamais évolué. S'ensuivent des traitements lourds (radiothérapie, ablation, chimiothérapie) et angoissants pour les femmes. Cet aspect du dépistage organisé est peu présent dans les campagnes de communication qui lui sont dédiées.

Réexamen des études sur ce dépistage

C'est pour ces raisons que l'UFC-Que choisir demande en conclusion d'une étude publiée le 25 septembre, le "réexamen des données scientifiques sur le dépistage du cancer du sein par un collège d'experts indépendants", ainsi qu'une campagne d'information "objectivée" qui tienne compte des risques de sur-traitement. Autre mesure demandée, la suppression de la rémunération des médecins en fonction du nombre de mammographies prescrites à leurs patientes.

Controverse autour des chiffres de la mortalité

Enfin, la bataille se joue aussi du côté des chiffres : le pourcentage de vies sauvées grâce au dépistage est régulièrement remis en question. Certaines études concluent même à aucun bénéfice en termes de mortalité ou de réduction de la chirurgie lourde. Dans son dernier bulletin, l'Institut de veille sanitaire (InVS) mesure une baisse de mortalité de 21 % suite au dépistage en France et un taux surdiagnostics induits par celui-ci de l'ordre de 10 %. Face à la controverse, l'Institut conclut que "les bénéfices du dépistage par mammographie l'emportent sur les risques".

La ministre de la santé Marisol Touraine a indiqué quant à elle qu'en France comme dans d'autres pays, la réflexion autour de ce dépistage était engagée.

Sources : UFC-Que Choisir et Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 26 septembre 2012.

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