Dépistage du cancer du sein : halte aux idées reçues

Sur 69 facteurs de risque présumés du cancer du sein, seulement 7 ont été retenus par la Haute autorité de santé.

Dépistage du cancer du sein : halte aux idées reçues
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En France, une femme sur 8 sera confrontée au cancer du sein au cours de sa vie. Mais aujourd'hui, le taux de guérison est de 90 % en grande partie grâce au dépistage précoce. Aussi, plus un cancer du sein est détecté tôt, plus il a de chances d'être guéri. Pour affiner encore le dépistage des femmes à risque, la Haute autorité de santé (HAS) publie de nouvelles recommandations de dépistage. Objectif : mieux dépister les femmes à haut risque exclues du dépistage organisé, notamment les femmes jeunes avec des antécédents familiaux. Mais aussi écarter les facteurs de risque qui ne nécessitent pas de dépistage supplémentaire. Des facteurs de risque, qui peuvent inquiéter les femmes et donner lieu à des pratiques de dépistage non adaptés. La Haute Autorité de la Santé (HAS) dont l'enjeu est d'éviter des examens radiologiques trop fréquents, trop rapprochés ou à un âge trop jeune, a donc étudié les 69 facteurs trouvés dans la littérature scientifique pour connaître leur véritable impact. Conclusion : seulement 7 d'entre eux sont liés à la survenue d'un cancer du sein et nécessitent un dépistage spécifique
 Les facteurs de risque à écarter en raison d'une absence totale de lien avec le cancer du sein sont notamment :
- certains aliments (thé, café, pamplemousse, etc.).
- les prothèses en silicone.
- le port du soutien-gorge.
- les pesticides.
- les traitements contre l'infertilité.

 D'autres facteurs de risque sont également mis de côté par la HAS du fait du manque de fiabilité des études scientifiques disponibles. Par exemple l'utilisation des déodorants. Ces derniers font en effet polémique depuis quelques années, certaines études affirmant que les sels d'aluminium qu'ils contiennent pourraient favoriser le cancer du sein. "Au final, peu de résultats existent et sont contradictoires, conclut la HAS."
 La HAS estime enfin que certains facteurs de risque ne peuvent faire l'objet d'une surveillance particulière parce qu'ils sont associés à une augmentation modérée voire modeste du risque de survenue du cancer du sein.
- Les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause ont également fait polémique à la fin des années 2000. Après une revue complète de la littérature scientifique, la HAS estime que ce facteur de risque est associé à une augmentation "modeste" du cancer du sein. 
- La pilule. Selon la HAS, le risque de cancer du sein associé à ce moyen de contraception n'est "que de l'ordre de 1%". Ce qui est insuffisant pour modifier la stratégie de dépistage.
- Le tabac. Malgré une étude récente de l'Inserm selon laquelle l'association tabac et cancer du sein ne fait plus de doute, la HAS considère que les preuves ne sont pas probantes. 
De même une grossesse tardive, une obésité après la ménopause, un diabète de type 2 ou encore la consommation d'alcool ne sont pas des situations qui nécessitent un dépistage renforcé.

La HAS a, en revanche, défini des situations à risque nécessitant un dépistage tous les ans, voire parfois tous les six mois chez des femmes âgées de moins de 50 ans : il s'agit notamment de celles ayant des antécédents personnels de cancer du sein ou ayant subi des irradiations à haute dose lors de radiothérapies (notamment pour traiter des cancers des ganglions lymphatiques). 

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes, avec 48 700 nouveaux cas et 11 800 décès estimés en 2012, selon des statistiques de l'Institut National du cancer (INCa). Si près de la moitié des cas surviennent chez des femmes de plus de 65 ans, près de 11 000 (soit un peu moins d'un quart) ont été diagnostiqués l'an dernier chez des patientes de moins de 50 ans, présentant généralement des facteurs de risque particuliers, notamment des antécédents familiaux.