Dossier "70 à 75 % des femmes guérissent du cancer du sein"

suzette delaloge.
Suzette Delaloge. © Cécile Debise / L'Internaute Magazine

Le Dr Suzette Delaloge est cancérologue, spécialiste du cancer du sein, à l'Institut Gustave Roussy à Villejuif (94). Elle a répondu à vos questions lors d'un chat.

Statistiquement, quel est le risque de développer un cancer du sein quand deux proches parentes, une mère et une soeur par exemple, ont eu ce cancer ?
Dr Suzette Delaloge
 : en fait dans ce cas le risque est effectivement plus élevé que dans la population générale. Une femme sans antécédents familiaux a 10 % de risque au cours de sa vie, une femme avec deux antécédents de ce type aura un risque de 15 % à 20 % environ.

Mais cela va dépendre beaucoup de l'âge de survenue des cancers chez les apparentés : plus le cancer était précoce, plus le risque est élevé.

Dans ma famille il y a beaucoup de cas de cancer du sein, est-ce que je peux demander à ma gynécologue de passer une mammographie plus tôt (j'ai 32 ans) ?
C'est une bonne idée de vous en préoccuper. Il faudrait :
1) savoir si une enquête génétique a été faite dans la famille, si une anomalie prédisposante a été retrouvée. Dans ce cas on pourrait la chercher chez vous et orienter grâce à cela le dépistage spécifique.
2) Sinon, selon le type et l'âge des cancers du sein dans la famille, on commence effectivement les mammographies plus tôt que 50 ans, en général vers 35-40 ans et éventuellement on propose des mammographies tous les ans au lieu de tous les deux ans, avec une échographie associée. Votre gynéco pourra vous renseigner précisément sur ce qui est à faire.

Est-ce vrai que l'âge du premier enfant influe sur le risque de développer ce cancer ?
Oui, mais très peu : une femme qui a son premier enfant après 30 ans a plus de risque que si elle l'a eu avant. Comme 50 % des femmes ont leur 1er enfant après 29 ans et demi en France actuellement, vous imaginez que cela n'identifie pas ainsi une population à risque très spécifique.
On rappellera aussi que 70 % des femmes qui développent un cancer du sein n'ont pas de facteur de risque élevé identifié.
On en reste aux balbutiements encore pour comprendre ce qui génère ces cancers. En dehors de 5 % des cas clairement héréditaires que l'on comprend bien, le reste est affaire d'interaction entre nos gènes et un environnement à un temps donné.

Sommaire