"Après mon cancer du sein, je veux aider les autres" Après le cancer, la vie reprend ses droits

Pourrez-vous avoir des enfants malgré cette opération ?

Ester Lynne : OUI ! Justement, l'un des intérêts de cette technique du Diep, c'est la possibilité de grossesses ultérieures : le prélèvement se fait au niveau du ventre (peau et graisse), mais sans enlever aucun muscle et donc sans risque d'éventration ultérieure (dans la technique du grand droit de l'abdomen, certains chirurgiens mettent une plaque anti-éventration pour éviter ces risques : ensuite, les grossesses sont donc impossibles).

Aujourd'hui, comment vous sentez-vous par rapport à ce qui vous est arrivé ?

Je me sens bien, dans mon corps et dans ma tête. J'ai surmonté tant de difficiles épreuves : la chimio, la radiothérapie, les chirurgies et les batailles administratives en sus, car on n'est pas exempt de ça pendant une telle maladie. Mais je me sens grandie et j'ai envie d'aider les autres, pour que mon parcours puisse servir à d'autres femmes ! Et qu'elles n'aient pas les mêmes batailles à mener, qu'elles puissent se concentrer sur leurs traitements.

Je savoure à chaque instant la bataille que j'ai remportée sur la maladie

Qu'est-ce qui vous a donné envie de raconter votre histoire ?

Hé bien justement, c'est la possibilité d'aider les autres, de leur éviter certains tourments que j'ai eu à vivre pendant ma traversée de l'épreuve : notamment la recherche de LA technique de reconstruction appropriée à mon cas de jeune femme, car on m'avait dit que cela ne se pratiquait qu'aux Etats-Unis... Il faut rester vigilante pendant la maladie et j'avais envie d'alerter autant les patientes que les soignants. D'où mon idée de livre, complétée par l'association pour le Diep.

J'ai aussi voulu montrer que, même si le conjoint déclare forfait, on peut s'en sortir. Et indiquer aux futures patientes que chaque femme est pleine de ressources insoupçonnées...

Puisque votre ami vous a quittée dans cette épreuve, comment avez-vous reconstruit votre vie amoureuse ? Est-il facile d'en parler avec un futur amoureux ? Dans la vie intime également ?

Il y a deux cas, dans les nouvelles rencontres : les "très très courageux", qui ne vous donnent plus de nouvelles à partir du moment où vous les informez de votre passé médical, et les "sains d'esprit" qui voient qui vous êtes et ne vous limitent pas à votre maladie.

Grâce au Diep, dans la vie intime, je me sens à l'aise et comme je vous le disais... On ne voit pas beaucoup de différence entre un sein reconstruit et celui "d'origine".

Du point de vue de votre santé, vous considérez-vous guérie ?

Guérie est un grand mot. Pour l'instant, je suis en rémission. Au bout de 10 ans, les médecins disent que l'on est guérie. Je reste en veille. Mais je mène une vie tout-à-fait normale, je refais du sport (même des séries d'abdominaux !), je savoure chaque instant car c'est grâce à la bataille que j'ai remportée sur la maladie que je suis là et j'apprécie ! 

 

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