Incontinence urinaire : à chacun sa méthode pour la stopper

L'incontinence urinaire concerne 15 % à 20 % des plus de 60 ans. Bien souvent, elle reste non soignée pendant longtemps, le patient ayant du mal à en parler. Pourtant, de nombreuses solutions existent pour pallier ce souci bénin.

Pas facile d'aborder la question avec son médecin traitant. L'incontinence urinaire a beau être courante, elle est encore largement taboue. Elle peut être due à des facteurs variés, au premier rang desquels l'âge et la grossesse. Ce qui explique d'ailleurs que les femmes soient environ deux fois plus touchées que les hommes. L'incontinence urinaire peut se manifester sous différentes formes. Parfois, la personne touchée ressent des envies soudaines et très pressantes : c'est l'incontinence par miction impérieuse. Parfois, les pertes d'urine se déclenchent lorsque l'on fait du sport ou que l'on soulève une charge par exemple : c'est l'incontinence urinaire d'effort. Incontinence par traumatisme, énurésie, vessie neurologique sont autant d'autres formes de la maladie, un peu moins courantes.

Les solutions sont multiples elles aussi. Dans un premier temps, il faut rechercher la cause de l'incontinence. Si elle est due à une infection urinaire ou à la prise d'un médicament, c'est simple : il suffit de soigner la maladie ou de changer de médicament et tout devrait rentrer dans l'ordre.

 S'il s'agit d'une incontinence dont vous savez qu'elle est passagère, due à une cause précise, les protections constituent sans doute une bonne solution. Les fabricants ont fait beaucoup d'efforts ces dernières années pour les rendre plus discrètes et plus absorbantes. Vous les trouverez en pharmacie ou dans les rayons de certains supermarchés.

 Si la cause est physiologique, le médecin prescrira sûrement dans un premier temps de la rééducation. Elle consiste à tonifier les muscles situés autour de la vessie. Pour ce faire, le kiné utilisera plusieurs techniques :
- La rééducation manuelle, au doigt, permet de prendre conscience des muscles et de mieux contrôler ses contractions.
- L'électrostimulation se pratique grâce à une petite sonde introduite dans le vagin. Elle déclenche des contractions qui renforcent les muscles.
- Le biofeedback est une méthode récente : le patient contracte lui-même ses muscles et peut "voir" les contractions provoquées sur un petit appareil qui enregistre un tracé lumineux suivant l'intensité de ces contractions.
- Chez soi, il est possible de poursuivre la rééducation en contractant les muscles du périnée pendant quelques minutes, plusieurs fois par jour.

 Certains médicaments peuvent aider à réduire des contractions intempestives. Les anticholinergiques et les antispasmodiques ont cette propriété. Attention toutefois, ils ont souvent des effets secondaires peu agréables tels qu'une sensation permanente d'avoir la bouche sèche.

 Si rien de tout cela ne fonctionne, la chirurgie est très souvent possible. L'apparition de la bandelette sous-urétrale il y a une dizaine d'années a grandement changé la donne dans ce domaine. Cette bandelette introduite sous l'urètre permet de le maintenir bien en place et de soutenir la vessie, afin de résister aux mouvements de pression dans l'abdomen, déclenchés par exemple par le rire ou par une toux. Plusieurs techniques existent pour pratiquer cette petite chirurgie mais dans tous les cas, l'opération ne dépasse pas 30 minutes. Elle est souvent réalisée sous anesthésie générale mais seuls deux jours d'hospitalisation seront nécessaires. C'est pourquoi même les personnes âgées peuvent généralement avoir recours à cette technique.

Parmi toutes ces solutions, il en existe forcément une qui vous conviendra. En parler à votre médecin constitue finalement l'étape la plus difficile à passer. Se sentir de nouveau libre et léger devrait en valoir largement la peine.

A lire

Petites chirurgies pour petits maux

Des questions sur l'incontinence ? Posez-les sur le Forum Santé !