Pas envie d'allaiter au sein ? Le retour du chou vert, c'est maintenant ! Quelles alternatives médicamenteuses ?

les pratiques varient d'une maternité à l'autre.
Les pratiques varient d'une maternité à l'autre. © japolia - Fotolia.com

En remplacement de la bromocriptine, l'Agence du médicament préconise dès 2013 d'autres molécules, dont les effets indésirables sont moindres : le lisuride (Arolac) et la cabergoline, cette dernière molécule étant apparue sur le marché en février 2013. "Les données de la pharmacovigilance et de la littérature ne montrent pas d'effets indésirables graves cardiovasculaires ou neuropsychiatriques lors de leur utilisation après un accouchement ou une interruption de grossesse, contrairement à la bromocriptine", précise l'Agence du médicament. 

Toutefois, même si ces médicaments présentent moins d'effets indésirables, les agences de santé ne recommandent pas son utilisation systématique non plus. Aujourd'hui, dans tous les états membres de l'Union européenne, le message est le même : pas de médicament pour stopper l'allaitement – éventuellement des antalgiques en cas de douleurs ou inconfort – et restriction d'utilisation pour raison médicale. "C'est une décision européenne, nous confirme Céline Druet (ANSM, Direction des médicaments en cardiologie, endocrinologie, gynécologie et urologie). Les médicaments, quels qu'ils soient, ne sont donc pas recommandés en dehors des situations particulières (IVG, fausse-couches, etc.)."

Pas question de laisser les femmes sans médicament. Pour l'heure, en France, tous les services de maternité n'ont pas arrêté de prescrire des médicaments. "Il y a encore des pratiques variées", confirme Céline Druet (ANSM). Certaines maternités proposent la cabergoline (Dostinex) en alternative, comme à la maternité Port-Royal (Paris), ainsi que nous le confirme le Docteur Aurélie Vincent, Chef de clinique. "Suite aux recommandations de l'Agence du médicament en 2013, nous sommes passés de la bromocriptine à la cabergoline. Ce médicament est plus fiable et ne fait l'objet d'aucun effet indésirable grave rapporté. Nous avons fait ce choix par précaution, dans un souci de ne faire courir aucun risque aux femmes", nous explique-t-elle. 

"Dans mon service, on prescrit le Dostinex (cabergoline) qui est un dérivé de l'ergot de seigle, affirme de son côté le Dr Thierry Harvey, Chef de la maternité des Diaconesses à Paris. Il bloque aussi la montée de lait en agissant sur la prolactine. La différence c'est qu'il se prend en une fois, contrairement au Parlodel qui était prescrit sur trois jours. Les risques de mésusage sont moindres et effectivement il est peut-être mieux toléré. En tout cas, il présente sans doute un gain en termes de réduction des effets secondaires puisque le traitement est plus court. On prescrit aussi l'Arolac (lisuride) mais son efficacité est moindre." En tout cas, le gynécologue est formel : "il n'est pas question de laisser les femmes qui viennent d'accoucher sans médicament.

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