Pas envie d'allaiter au sein ? Le retour du chou vert, c'est maintenant ! La fin des médicaments qui stoppent l'allaitement ?

Les médicaments qui stoppent l'allaitement ne sont plus les bienvenus dans les maternités. Au mois de janvier, l'Agence du médicament (ANSM) a transmis une lettre d'information aux gynécologues, aux médecins généralistes, aux sages-femmes et aux pharmaciens afin de leur rappeler les recommandations de prescription de la bromocriptine, cette molécule prescrite pour inhiber la lactation chez les femmes qui ne souhaitent pas allaiter. A la suite de signalements d'effets indésirables cardiovasculaires et psychiatriques, le rapport bénéfice / risque demeure positif, explique l'ANSM sous réserve de "prendre en compte les recommandations de sécurité d'emploi et les contre-indications" et de veiller "au respect de la posologie". Dans le même document, l'Agence du médicament conseille de restreindre son utilisation aux cas "médicaux". En clair, une femme lambda, sans problèmes de santé particuliers, qui ne souhaite pas allaiter, ne devrait pas prendre de médicament pour stopper ses montées de lait, selon elle. Les douleurs liées à l'engorgement peuvent être traitées autrement, est-il précisé, "par exemple à l'aide d'un support ferme de la poitrine ou l'application de glace, et / ou par des analgésiques simples."

Cette lettre aux professionnels de santé fait suite à un avis de l'Agence européenne du médicament publié en août dernier et qui prévoit de restreindre l'utilisation des médicaments contenant de la bromocriptine "uniquement aux situations où l'allaitement doit être arrêté pour raison médicale (notamment fausse couche, interruption thérapeutique de grossesse, décès du nouveau-né, infection VIH de la mère)."

Un an plus tôt, en juillet 2013, c'est l'Agence française du médicament (ANSM) qui, à la suite d'une enquête au niveau national faisant état d'effets indésirables, rares mais parfois graves, avait souhaité porter cette question au niveau européen. Dans son rapport, l'ANSM recommandait déjà aux professionnels de santé de limiter l'usage de ce médicament aux cas "médicaux".

Prescrite aux femmes depuis les années 70. Commercialisée sous les noms de Parlodel et de Bromocriptine Zentiva, la bromocriptine est prescrite aux femmes depuis la fin des années 70. Son principe est simple : prescrite le jour de l'accouchement, pour une durée de 3 jours, la molécule freine la libération de la prolactine, l'hormone de la montée de lait. Simple et efficace. En l'absence de traitement, la lactation s'interromprait d'elle-même au bout de une à deux semaines. C'est donc pour éviter aux femmes qui viennent d'accoucher un inconfort et des douleurs, qu'on leur prescrit un médicament qui bloque ce processus. En revanche, les femmes qui arrêtent d'allaiter au-delà d'un mois après l'accouchement, ne connaissent pas ce problème : la glande mammaire devenant progressivement autonome et le taux de prolactine retournant à son niveau de base, les médicaments qui freinent la libération de prolactine n'ont plus d'utilité. Le sevrage du nouveau-né se fait alors progressivement en diminuant et en espaçant les tétées.

 

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