Vers une meilleure prise en charge de l'endométriose

L'endométriose est souvent mal diagnostiquée. Pour mieux accompagner les femmes, la Haute Autorité de Santé actualise ses recommandations relatives à sa prise en charge, du diagnostic aux traitements et aux situations d'infertilité.

Vers une meilleure prise en charge de l'endométriose
© AlexanderRaths_123rf

En temps normal, lorsque l'ovule n'est pas fécondé, l'endomètre est éliminé chaque mois via les règles et se renouvelle ensuite. Mais il arrive que les tissus se développent en dehors de l'utérus sans être évacués. C'est ce que l'on appelle l'endométriose. Cette maladie gynécologique évolutive peut entraîner des douleurs pelviennes, chroniques ou aiguës, ainsi qu'une infertilité. Les femmes peuvent également avoir des menstruations difficiles et douloureuses, parfois résistantes aux antalgiques, des douleurs pendant les rapports sexuels, ou lors de la défécation, ainsi que des problèmes urinaires. Mais chez d'autres femmes, "l'endométriose peut rester asymptomatique, sans conséquence pour la santé et donc ne pas nécessiter de prise en charge", rappelle la Haute Autorité de Santé (HAS) dans un communiqué. Et c'est justement ce qui rend difficile le diagnostic. "L'endométriose est une maladie mal repérée, avec une prise en charge insuffisamment coordonnée, entraînant un retard diagnostic et une errance des femmes", précise la HAS. 

Endométriose : les femmes mieux informées. Pour mieux accompagner les patientes souffrant d'endométriose, la HAS et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) actualisent les recommandations à destination des professionnels de santé, en abordant chaque étape de la prise en charge, du diagnostic aux traitements en passant par les situations d'infertilité. L'objectif : "proposer un parcours de soins homogène, coordonné et optimal, avec comme facteur clé l'information des patientes", précise le communiqué. En effet, les professionnels de santé devront mieux les informer, notamment sur les alternatives thérapeutiques, les bénéfices et les risques des traitements, le risque de récidive, ou encore les enjeux de fertilité. De même, avant tout acte chirurgical, une information précise devra être apportée sur le déroulement de l'acte, son objectif, les inconvénients et les bénéfices, les possibles complications, les cicatrices et le déroulement de la convalescence.

En ce qui concerne le diagnostic et notamment en cas de discordance entre les résultats de l'échographie pelvienne et les symptômes de la patiente. la HAS préconise des examens plus spécialisés, comme "un examen pelvien orienté avec recherche d'une endométriose profonde, une échographie endovaginale ou une IRM pelvienne". Quant aux traitements hormonaux destinés à éliminer les douleurs, une attention particulière sera portée aux effets indésirables potentiels et aux traitements antérieurs. "En l'absence de signes localisateurs et si ce traitement est efficace, il n'y pas de raison de pousser plus en avant les explorations car l'endométriose est une maladie peu évolutive", ajoute la HAS. Dans certaines situations, un traitement chirurgical peut être envisagé, mais plusieurs éléments devront être pris en compte (efficacité et effets indésirables des traitements médicamenteux, douleurs, localisation de l'endométriose, qualité de vie de la patiente, désir de grossesse). Enfin, des "centres spécialisés de dépistage précoce et de prise en charge pluridisciplinaire de l'endométriose" sont expérimentés dans plusieurs structures hospitalières, afin d'améliorer la prise en charge et réduire ainsi le retard de diagnostic, précise la HAS.

Lire aussi