La vasectomie : parlons-en !

Encore trop taboue, la contraception définitive masculine est pourtant accessible à toutes les personnes majeures en France. En quoi la vasectomie participe à plus d'égalité entre les femmes et les hommes ? Décryptage et témoignage.

La vasectomie : parlons-en !
©  dolgachov / 123RF

Depuis 2011, la vasectomie est une pratique légale en France et reste accessible à toute personne majeure. Pourtant, avoir recours à cette méthode de contraception définitive est encore taboue pour de nombreuses personnes. En effet, seulement 1 % de la population masculine est concernée par cette pratique. Dans un communiqué de presse, le planning familial demande ainsi aux professionnels de santé de mieux informer les hommes sur cette contraception plus égalitaire.

La vasectomie : un acte médical simple

La vasectomie est un geste médical simple et concerne tous les hommes qui veulent prendre en charge leur contraception et qui ne souhaitent pas - ou plus - avoir d'enfant. Le gynécologue-obstétricien Thierry Harvey, Chef de service de la Maternité des Diaconesses, décrypte le process pour s'engager dans cette démarche : "Il suffit de prendre rendez-vous chez un urologue qui expliquera en quoi consiste l'intervention mais aussi les conséquences de cet acte médical irréversible. Après un délai de réflexion d'une durée de 4 mois il faut retourner chez son urologue et confirmer sa demande par écrit". Il ajoute : "la vasectomie ne requiert pas de longue hospitalisation mais se fait généralement sous anesthésie locale. Les jours qui suivent peuvent être ponctués par des douleurs modérées qui se traitent par des anti-douleurs. Pendant les 15 premiers jours suivant l'intervention, il est également recommandé de ne pas avoir de relation sexuelle, ni de porter des objets lourds ou de pratiquer un sport". Pas de panique, la vasectomie n'entraîne pas d'effets secondaires "Il n'y a pas de conséquences sur la vie sexuelle, l'érection, l'éjaculation et le désir sexuel. La vie continue... comme avant !", affirme le spécialiste. Enfin, pour apporter plus de sécurité aux hommes qui auraient peur de changer d'avis, il est toujours possible de conserver son sperme et de le faire congeler dans un centre spécialisé.

La vasectomie participe à l'égalité entre les hommes et les femmes

Bien (trop) souvent, la contraception reste "une affaire de femmes"... Il est pourtant primordial que les hommes aient aussi accès à des moyens de contraception efficaces pour partager une vie sexuelle plus équitable. Comme le rappelle le Planning familial, "garantir aujourd'hui aux femmes et aux hommes l'accès à une contraception choisie et adaptée, accessible grâce à un réseau de professionnels formés est un objectif de lutte pour une société plus égalitaire".

Le témoignage d'Eric, 41 ans :

"J'ai décidé de pratiquer une vasectomie l'année dernière car j'ai toujours su que je ne voulais pas avoir d'enfant et que je souhaitais partager la responsabilité contraceptive avec ma compagne. Rien ne justifie que la contraception soit laissée à la seule responsabilité des femmes ! Il s'agit-là d'une une inégalité entre les sexes encore trop peu évoquée aujourd'hui... Il faut que l'information soit plus accessible pour les hommes, car dans notre parcours médical "classique", rien ne nous sensibilise sur le sujet de la contraception. L'opération est pourtant simple, peu coûteuse et sans effets secondaires. Je ne comprends pas que certains urologues freinent encore des pieds pour opérer les hommes sans enfant, alors que cela relève d'un choix personnel et qu'ils sont dans leur bon droit.

Quand j'ai annoncé ma décision, autour de moi les réactions ont été plutôt positives, même si certains pensent encore que la contraception masculine touche "à la virilité"... Alors que ces derniers ne se soucient pas des effets secondaires subis par les femmes liés à leur contraception ! Il est grand temps d'informer les hommes et les professionnels de santé pour lever ce tabou et participer à l'égalité femme-homme".

Quelles options de contraception définitive pour les femmes ?

Après le retrait définitif du marché de l'implant de contraception définitive Essure par l'Agence nationale de sécurité du médicament, l'alternative contraceptive pour les femmes qui ne souhaitent plus d'enfant est restreinte... En effet, la principale option réside dans la ligature des trompes de Fallope, une technique chirurgicale nécessitant une anesthésie générale et une hospitalisation de 24 à 48 heures. Cette méthode contraceptive contraignante n'a séduit que 2,4 % des Françaises en 2013 contre 0,3 % pour les hommes ayant pratiqué une vasectomie*.

* Source : Ined

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