DIU Mirena : les troubles anxieux sous surveillance

L'Agence du médicament a analysé les raisons de la forte hausse de notification d'effets indésirables liés au stérilet hormonal Mirena.

DIU Mirena : les troubles anxieux sous surveillance
© Alexander Raths - 123 RF

L'agence du médicament a constaté en mai dernier une augmentation d'effets indésirables susceptibles d'être liés au dispositif intra utérin hormonal Mirena. Depuis sa commercialisation en 1997 et jusqu'au 15 mai 2017, 510 cas dont 272 cas graves ont été rapportés. Or, l'ANSM observe une hausse des signalements après le 15 mai 2017 et jusqu'au 4 août 2017 : 2 714 cas dont 1 789 rapportés comme graves, c'est-à-dire déclarés comme ayant des conséquences sur la vie familiale, professionnelle ou sociale.

Quels sont ces effets indésirables ? L'Agence vient de publier un rapport de pharmacovigilance sur ces contraceptifs. "La plupart des déclarations reçues après le 15 mai 2017 fait état d'effets indésirables déjà connus et précisés dans la notice d'information destinée aux femmes", rassure l'ANSM. Il s'agit par exemple des céphalées, de la dépression, de la perte de cheveux, d'acné, de douleurs abdominales, d'une diminution de la libido, de bouffées de chaleur ou encore de prise de poids. Par ailleurs, d'autres effets indésirables, qui n'étaient pas inscrits dans la notice, seront désormais mentionnés, notamment l'asthénie (forte fatigue physique) et la séborrhée (affection dermatologique).

Hausse des troubles anxieux. Néanmoins, les troubles anxieux préoccupent l'Agence du médicament. En effet, entre le 15 mai et le 4 août 2017, 870 signaux (sur 2 714) faisant mention de symptômes d'anxiété ont été remontés. Avant le 15 mai, "très peu de cas avaient été signalés" est-il précisé dans le communiqué de presse de l'ANSM du 16 novembre. En outre, une étude réalisée à partir de données de l'Assurance maladie montre un risque faible mais augmenté de mise sous anxiolytiques chez les femmes porteuses d'un DIU hormonal, comparativement aux DIU au cuivre. Les liens entre effets indésirables d'ordre psychiatrique et DIU hormonal sont par ailleurs étudiés au niveau européen. L'Agence européenne du médicament (EMA) est pour l'heure rassurante : selon un récent rapport (novembre 2017), il n'y a pas suffisamment de données pour établir un lien direct entre l'apparition de ces effets indésirables, l'anxiété en particulier, et ces contraceptifs. L'ANSM reste toutefois attentive à cette hausse des déclarations. C'est pourquoi, l'enquête de pharmacovigilance sur les deux dispositifs intra-utérins hormonaux commercialisés en France, à savoir Mirena et Jaydess, se poursuit. 

Mieux informer les femmes. Comme toute méthode contraceptive, le DIU hormonal présente des avantages et des inconvénients, qu'il convient d'expliquer au moment du choix de la contraception. L'ANSM propose de renforcer l'information aux femmes via la mise à disposition avant la fin de l'année d'un document d'information. En cas d'apparition de trouble d'ordre psychologique (anxiété notamment), n'hésitez pas à en parler avec votre médecin.

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