Les implants Essure définitivement retirés du marché

Objets d'une polémique depuis plusieurs mois, les implants de contraception définitive Essure sont définitivement retirés du marché. Mais les raisons de ce retrait demeurent floues. Et la seule alternative est aujourd'hui la ligature des trompes.

Les implants Essure définitivement retirés du marché
© SIPA PRESS

Les implants de stérilisation Essure ne seront plus commercialisés en France, ni dans les autres pays, à l'exception des Etats-Unis, a annoncé le laboratoire Bayer dans un communiqué de presse diffusé le 18 septembre. Cet implant contraceptif définitif, utilisé par plus d'une femme sur dix après 40 ans, était sous "surveillance renforcée" depuis 2014, en raison de ses effets indésirables. Mais les contestations s'étaient intensifiées ces derniers mois. Deux plaintes avaient même été déposées contre le laboratoire Bayer en décembre 2016.

Dans son communiqué de presse, le laboratoire Bayer précise toutefois que la décision est "commerciale" et "non liée à un problème de sécurité ou de qualité du produit". "Depuis plus de 10 ans, Essure a permis d'apporter aux femmes une solution innovante en matière de contraception définitive. Cependant, un environnement défavorable à sa prescription s'est installé depuis plusieurs mois entraînant une baisse continue de la demande en France", précise le laboratoire. Par ailleurs, la suspension temporaire du marquage CE en août dernier et l'arrêt de la distribution d'Essure pour 3 mois, incluant le rappel des dispositifs "ont amplifié cette situation".

Que doivent faire les femmes qui portent un implant Essure ? L'Agence du médicament précise sur son site que les femmes porteuses de l'implant n'ont pas à s'inquiéter. Elle rappelle en effet que Essure a fait l'objet d'une étude épidémiologique rassurante portant sur plus de 100 000 femmes et qui ne remet pas en cause la balance bénéfices/risques. Pour les femmes qui n'ont pas de symptôme, ce qui représente l'immense majorité des femmes porteuses de l'implant Essure, il n'y a donc aucun argument à ce jour pour conseiller le retrait du dispositif. Les femmes présentant des symptômes doivent néanmoins consulter leur médecin pour ne pas méconnaître une pathologie sous-jacente.

Retour à la ligature des trompes. Pour l'heure, la méthode chirurgicale (ligature des trompes) est la seule autre méthode de stérilisation disponible pour les femmes qui ne souhaitent plus avoir d'enfants. Or, elle est plus contraignante car elle implique une intervention sous anesthésie générale. La méthode Essure était recommandée en première intention depuis 2006. Dans tout cela, les femmes ne sont-elles pas les perdantes ? Dans un communiqué, le Planning Familial s'inquiète de voir les femmes privées de ce dispositif de contraception, dans un contexte où la contraception en général est déjà malmenée, avec notamment le retour aux méthodes naturelles. "Nous exigeons que les informations sur l'ensemble des méthodes contraceptives soient indépendantes d'intérêts économiques, de scoops médiatiques, de pseudo-scandales sanitaires qui font régner un climat de peur. Nous exigeons que des mesures soient prises pour renforcer l'information, la recherche et l'offre actuelle afin d'augmenter les possibilités de choix pour toutes et tous." 

L'association Réseau d'entraide soutien et information sur la stérilisation tubulaire (Resist), représentant les femmes s'estimant victimes d'effets indésirables des implants, a quant à elle qualifié de "victoire" cette décision. Tout en précisant que cela ne mettait pas fin à son action. "Si le laboratoire Bayer invoque des raisons commerciales pour justifier l'arrêt de la commercialisation, nous restons convaincus que d'autres motifs, directement liés à la sécurité du produit, ne sont pas étrangers à cette décision", a déclaré Marielle Klein, présidente de l'association Resist, dans un communiqué. 

Lire aussi