Cancer du sein : pourquoi le dépistage fait-il fuir ?

Alors qu'une femme sur 8 est ou sera confrontée au cancer du sein au cours de sa vie, les Françaises sont réticentes à se faire dépister, montre un sondage Ifop réalisé pour l'association Europa Donna.

Cancer du sein : pourquoi le dépistage fait-il fuir ?
© Mark Adams - 123 RF

Europa Donna France, une association de patients qui se bat pour une prise en charge et un accès à des soins de qualité, partout, pour toutes les femmes, a publié sa seconde étude sur "Les Français et le cancer du sein". Menée auprès de 1007 personnes de plus de 18 ans, cette étude avait pour but d'évaluer la perception des Français sur le dépistage et l'impact du traitement sur la vie quotidienne. Cette enquête révèle que même si nous sommes assez bien informés sur le sujet, moins de 60% des femmes de plus de 18 ans se sont fait dépister. En effet, un certain nombre de préjugés et d’inquiétudes persistent. 

Pour 35% des Français, c'est le manque de sollicitation de la part de leur médecin qui est responsable de cet absence de dépistage. Pour d'autres c'est le manque de temps ou encore l'appréhension de l'examen et des ses conséquences. En effet, la peur de la mammographie décrite comme douloureuse, de la maladie et du traitement rebute. 90% des Français estiment que le traitement du cancer du sein est douloureux et qu'il a un impact négatif considérable sur le bien-être psychologique, l'image corporelle ou encore l'estime de soi. Danielle Rapoport, psychosociologue confirme que "le cancer du sein est, pour beaucoup de femmes, fortement corrélé à un certain nombre de peurs liées à la notion de perte : perte de son intégrité physique, image dégradée de soi, de l'image sociale et du regard des autres, perte de la maîtrise de son corps, de ses capacités physiques, perte de ses capacités de séduction et perte éventuelle de la vie. Ces peurs jouent un rôle dans le dépistage..." Autrement dit, pour ne pas réveiller ce potentiel cancer qui sommeil en nous, on ne le dépiste pas. 

Halte aux idées reçues ! 

Rappelons-le, le dépistage n'est pas réservé aux femmes de plus de 50 ans. De plus en plus de femmes sont touchées par le cancer du sein et de plus en plus jeunes. En outre, le dépistage gratuit n'est pas moins efficace que le dépistage payant et tous les centres sont équipés de la même façon pour fournir un dépistage fiable et performant. Enfin, il ne faut pas attendre d'avoir des symptômes pour consulter. Plus le cancer est détecté tôt, plus les chances de guérison sont grandes. 

Il est important de s'informer

Les français sont néanmoins curieux et avertis. Grâce au web notamment, l'accès à l'information se fait plus facilement. Il existe aujourd'hui des sites internet, des forums et des associations dédiés au dépistage et au cancer (Europa Donna France, Cancer du sein parlons en, Adeca75, Association Mathilde...). Le fait aussi que le dépistage se démocratise permet de pouvoir en parler plus librement, à son médecin notamment, qui est la première source d'information recensée suivie de la radio et de la télévision. L'important étant d'en parler, d'écouter, de se renseigner et d'agir en conséquence. 

© °Enquêtes réalisées en France par l’IFOP pour Europa Donna France, avec le soutien d’Accuray

Lire aussi