Episiotomie : la vie sexuelle impactée ?

L'épisiotomie ne serait pas sans conséquence sur le plaisir sexuel des jeunes mères, selon une récente étude.

Episiotomie : la vie sexuelle impactée ?
© Iurii Sokolov - 123RF

Des chercheuses de l'université du Michigan (Etats-Unis) ont observé que les femmes qui ont subi une épisiotomie lors de leur accouchement ont une sexualité moins épanouie. Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques se sont intéressées au ressenti de femmes ayant eu cette incision de quelques centimètres comparé à celui des femmes ayant accouché sans épisiotomie. Repérée par Le Figaro, cette étude a été publiée dans la revue International Journal of Women's Health.

Parmi les 69 participantes, qui ont accouché dans les 8 mois précédant l'étude, près de 85% d'entre elles ont affirmé avoir subi des changements au niveau du vagin et du rectum après avoir donné naissance à leur enfant. Elles sont 28 à  avoir eu des déchirures vaginales, 23 des déchirures anales et 15 une épisiotomie. Elles ont alors répondu à un questionnaire dans lequel elles devaient dire si les changements des zones vaginale et/ou rectale interfèraient avec leur plaisir sexuel, si elles se sentaient sexuellement frustrées, ou encore si elles échangeraient avec un vagin normal… Pour chaque question, les participantes ont donné une note comprise entre 1 (totalement d'accord) et 5 (pas du tout d'accord). Ce sont 38 % des femmes qui ont indiqué que les changements génitaux interfèrent sur leur plaisir sexuel. Il apparaît que ce sont les femmes ayant subi une épisiotomie qui ont "la vision la plus négative de leur corps et de leur vie sexuelle", selon les scientifiques. Une étude supplémentaire doit être menée afin de préciser les résultats.

L'épisiotomie est une incision de quelques centimètres pratiquée au niveau de la paroi vaginale et des muscles du périnée. Selon les chiffres de l'Inserm de 2010, cette intervention chirurgicale est pratiquée chez 44 % des Françaises. Mais elle est depuis plusieurs années remise en question. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) estime en effet que cette pratique est trop fréquente dans l'Hexagone. Diverses actions ont été menées afin que ce taux passe sous la barre des 30 %. Les derniers chiffres devraient être bientôt dévoilés.

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