Pilule : le vrai du faux des effets secondaires

La pilule est certes très efficace pour bloquer une ovulation et reste le contraceptif le plus répandu, mais elle n'est pas dépourvue d'effets indésirables gênants. Lesquels sont avérés ? Démêlons le vrai du faux.

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1. La pilule ferait grossir et stimulerait l'appétit.

Faux. La pilule contraceptive ne fait pas, à proprement parler, prendre du poids mais elle favoriserait la rétention d'eau, les douleurs mammaires et encore les grignotages. En effet, la pilule est dite "diabétogène", c'est-à-dire qu'elle fait monter le taux d'insuline dans le sang et l'insuline ouvre l'appétit. Cependant, "La pilule n'a pas d'effets prouvés sur les centres (cortex, hippocampe, hypothalamus) responsables de la sensation de faim", ajoute le Dr Diop, gynécologue - obstétricien.

2. La pilule entraînerait des saignements intimes.

Vrai. Il se peut que des saignements surviennent en dehors des périodes de règles. Sans gravité, ces pertes de sang peuvent être plus ou moins abondantes et accompagnées d'autres symptômes comme des douleurs ou des pertes vaginales... "Des saignements dus à la prise de la pilule peuvent apparaître, surtout si celle-ci n'est pas prise à l'heure prévue. Ces saignements sont extériorisés par le vagin mais proviennent en réalité de l'utérus", explique l'expert.

3. La pilule créerait des douleurs mammaires.

Vrai. Les douleurs ou les lourdeurs mammaires provoquées par la prise de pilule sont principalement dues à la présence d'œstrogènes qu'elle contient. Ces hormones interviennent dans la fabrication et le stockage de la graisse et favorisent les douleurs au niveau des seins. "Des douleurs mammaires sont certes possibles à la veille des menstruations mais cela peut également arriver aux femmes sans contraception : c'est un syndrome pré-menstruel", ajoute le gynécologue.

4. La pilule provoquerait une sécheresse vaginale et baisserait la libido.

Vrai. La sécheresse vaginale ainsi qu'une baisse de libido sont fréquentes chez les femmes qui prennent la pilule, y compris chez les plus jeunes. En effet, la pilule permet de contrer l'action de la testostérone, qui est l'hormone du désir sexuel chez la femme. Puisque le désir sexuel diminue, la lubrification sexuelle baisse également. Une hygiène intime douce et respectueuse, l'usage de lubrifiants, de crèmes adaptés ou le recours à la phytothérapie peuvent être des solutions efficaces contre la sécheresse intime.

5. Certaines pilules provoqueraient une acné hormonale.

Vrai. "La pilule peut améliorer, voire faire disparaître complètement les problèmes de peau mais il faut savoir que certaines pilules l'aggravent", indique le gynécologue. Certaines pilules sont faiblement, voire non, androgéniques, c'est-à-dire qu'elles ne stimulent pas les glandes sébacées et donc ne favorisent pas l'excès de sébum. Demandez conseil à votre gynécologue.

6. La pilule augmente les risques de thrombose veineuse ou d'embolie pulmonaire.

Vrai et faux. "Même si ce risque reste extrêmement faible, les pilules peuvent être associées à un risque de thrombose veineuse (phlébite) ou d'embolie pulmonaire, surtout en cas d'antécédents personnels ou familiaux", indique le Docteur. Les pilules de dernières générations (3e ou 4e contenant du désogestrel ou de la drospirénone) sont plus risquées que celles de 2e génération. Mais, pas de panique, lors d'une prescription contraceptive, le médecin analyse tous les éventuels facteurs de risques et de contre-indications pour vous permettre de trouver la contraception la plus adaptée.

7. La pilule augmenterait les risques de cancer du sein ou du col de l'utérus.

Vrai et Faux. Le Centre International de la Recherche sur le Cancer (CIRC) demeure très transparent à ce sujet : certes la pilule augmente les risques de cancer relatifs à certains organes, mais elle en fait aussi baisser beaucoup d'autres (ovaire, gynécologiques, colorectal, endomètre...).

Cependant, "la pilule combinée ou microprogestative aurait un léger impact sur les risques du cancer du sein, qui est hormonodépendant contrairement à d'autres cancers, à condition d'avoir des antécédents personnels ou familiaux de cancers du sein" ajoute l'expert. Le risque est légèrement supérieur pour une femme qui prend la pilule à long terme. Le risque revient à la normale au fil du temps après l'arrêt. De même pour le cancer du col de l'utérus et du foie.

8. La pilule diminuerait la fertilité.

Faux. Selon le Dr Diop, "la pilule préserverait plutôt la fertilité de la femme". Son utilisation pendant plus de 5 années favoriserait même une grossesse plus rapide selon une étude britannique (Human Reproduction d'octobre 2002).

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