Implant contraceptif Essure : deux femmes lancent une action en justice

Deux femmes, victimes d'effets secondaires à la suite de la pose de ce contraceptif définitif veulent déposer plainte contre le laboratoire Bayer.

Implant contraceptif Essure : deux femmes lancent une action en justice
© AP/SIPA

Nouveau scandale sanitaire ? Le Parisien du 9 décembre révèle que les implants Essure, fabriqués par le laboratoire allemand Bayer, font l'objet d'une action en justice. Selon le quotidien, l'avocat des victimes du Médiator, Charles-Joseph Oudin, lance une action judiciaire contre le fabricant Bayer. Une première audience devrait se tenir en janvier. L'une des plaignantes, une mère de famille lorraine, est à l'origine d'une pétition publiée sur le site change.org, soutenue par plus de 45 000 signatures.

Amaigrissement, douleurs... Bernard Hédon, le président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) explique au Parisien avoir déjà été confronté à des patientes victimes d'effets secondaires, notamment l'une d'elles qui avait ressenti des douleurs abdominales intolérables juste après la pose de l'implant. "Qu'il y ait certains effets secondaires au début comme des petites douleurs ou une légère inflammation est compréhensible. Mais certaines patientes subissent des effets dans des proportions inacceptables", décrit ce médecin, qui a par ailleurs envoyé une note interne à 3000 de ses collègues gynécos pour leur demander d'être vigilants. Quels sont ces effets indésirables ? Bernard Hédon en évoque plusieurs : amaigrissement, fatigue, voire dépression nerveuse, céphalées, douleurs musculaires et/ou articulaires. Selon lui, "la balance bénéfices-risques de la technique Essure reste positive". Mais "notre devoir est aujourd'hui d'écouter les femmes et de les informer des risques." Il demande par ailleurs à tous les médecins de remonter les problèmes rencontrés dans un registre mis en place par le CNGOF afin d'avoir une vision détaillée et chiffrée des dysfonctionnements.

Un problème de pratique de pose ? Le ministère de la Santé a publié un communiqué de presse ce 9 décembre. "Bien que l'ANSM [l'Agence du médicament, ndlr] ne dispose pas d'élément, à ce stade, permettant de remettre en cause le rapport bénéfices/risques de ce dispositif, celui-ci fait bien l'objet depuis deux ans d'une surveillance renforcée de l'ANSM et du ministère de la santé", peut-on y lire.

Le communiqué précise que des investigations ont été menées dès juillet 2015 par l'Agence du médicament, en raison de signalements d'effets indésirables liés à l'utilisation de Essure. "Ces travaux ont permis de déterminer que les complications signalées relevaient de la pratique de pose et non du dispositif en lui-même", précise le communiqué.

Début 2016, l'ANSM a demandé au fabricant d'élaborer une notice destinée aux patientes à leur remettre avant chaque pose, "afin de renforcer leur information en insistant sur la nécessité d'effectuer le contrôle à 3 mois et abordant les risques liés à cette technique de stérilisation." De plus, le ministère de la Santé a publié en février un arrêté pour "accélérer la mise en œuvre des recommandations de bonne pratique" destinées à la formation des professionnels de santé. Par ailleurs, le 27 avril 2016, l'ANSM a publié un point d'information visant à rappeler d'une part les précautions particulières devant entourer la pose du dispositif Essure, et d'autre part, les modalités de suivi des patientes après l'implantation. 

Une étude épidémiologique menée par l'ANSM visant à décrire l'utilisation et évaluer la sécurité de l'implant Essure en comparaison à la ligature des trompes par voie cœlioscopique à partir des données de l'assurance maladie a débuté en avril 2016. Les résultats sont attendus pour le premier trimestre 2017.

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