Je veux une contraception sans hormones

Depuis quelques années, le modèle contraceptif a évolué. La pilule est un peu moins plébiscitée, alors que l'utilisation du stérilet et du préservatif progressent. Tour d'horizon (et limites) des contraceptifs sans hormones.

© Auremar - 123RF

La pilule, légalisée en 1967 par la loi Neuwirth, demeure la première méthode contraceptive utilisée en France. Longtemps, elle a symbolisé la "libération sexuelle" des femmes, qui pouvaient maîtriser elles-mêmes leur fécondité. Mais depuis les années 2000, son usage, jugé parfois trop contraignant, diminue. La polémique autour des pilules de 3e et 4e générations en 2012-2013, a accentué cette baisse. Selon l'Ined, en 2010, la moitié des femmes sous contraception prenaient la pilule. En 2013, elles n'étaient plus que 41 %. Place désormais, à d'autres méthodes contraceptives, en particulier le stérilet (+1,9 point), qui est le 2e contraceptif le plus utilisé. Quant au préservatif, son utilisation en tant que contraceptif progresse également (+3,2 points), notamment chez les jeunes femmes. Enfin, les méthodes dites "naturelles", comme le ciblage des rapports en dehors des dates de fécondabilité ou le retrait progressent aussi (+3,4 points). 

Quelles sont les contraceptifs non hormonaux ? Il existe plusieurs façons de se protéger d'une grossesse non-désirée : connaître sa période d'ovulation afin d'éviter les rapports pendant ce laps de temps avec l'observation de la glaire cervicale, la méthode des températures, ou encore la méthode Ogino. Mais le problème de ces méthodes dites "naturelles", c'est qu'elles reposent sur le calcul des cycles, qui n'est pas fiable. Comme le précise le site choisirsacontraception.fr, "avoir un cycle régulier, c'est avoir toujours le même nombre de jours entre deux périodes de règles". Or, il est important de retenir que l'ovulation est imprévisible et peut se produire à n'importe quel moment, même chez les femmes dont le cycle est "régulier".

L'utilisation des préservatifs masculins ou féminins (seuls modes de contraception qui protègent contre le VIH-sida et les IST), l'usage de spermicides en crèmes d'ovules, éponges ou comprimés vaginaux ou encore la mise en place d'un Dispositif Intra-Utérin au cuivre (anciennement appelé "stérilet") sont aussi des méthodes contraceptives non hormonales. La cape cervicale et le diaphragme peuvent être utilisés en complément de spermicides pour augmenter leur efficacité de protection. "Les femmes peuvent également avoir recours à une contraception définitive comme la ligature des trompes, la méthode Essure ou la vasectomie pour les hommes, décrit le Dr Ghada Hatem-Gantzer, praticien hospitalier à l'Hôpital de Saint-Denis et Médecin-Chef de la Maison des Femmes.

Pour qui ? "Ces méthodes non-hormonales sont généralement proposées aux femmes pour qui la contraception hormonale semble interdite (atteintes d'un cancer du sein par exemple) et surtout aux femmes ayant des rapports imprévus et n'utilisant pas de contraception sur le long terme. On peut aussi utiliser ces contraceptifs lorsque la fertilité n'est pas au mieux de sa forme, en post-partum immédiat, en pré-ménopause, et à une certaine distance de l'ovulation", précise notre expert.

Avantages et inconvénients. "L'intérêt principal d'une contraception non hormonale est évidemment l'absence de prise d'hormones sexuelles qui ont une légère incidence sur certains cancers (sein) mais qui protègent contre d'autres (ovaires, colon)" ,explique le gynécologue, avant d'ajouter : à l'exception du Dispositif Intra-Utérin qui offre une protection optimale, les contraceptifs sans hormones ont une efficacité un peu plus faible que les contraceptifs hormonaux. Ils présentent également des inconvénients par défaut, en effet, les règles sont moins douloureuses et abondantes sous pilule."

Enfin, un autre aspect négatif est leur caractère intrusif lors d'un instant de sensualité qui peut déranger certaines personnes ou les inciter à laisser tomber leur contraceptif pour ne pas gâcher le moment, en prenant ainsi le risque d'une grossesse non désirée.

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