Syndrome du choc toxique : la recherche a besoin de vos tampons

Le centre national de référence des staphylocoques des Hospices Civils de Lyon s'inquiète de l'augmentation des cas de syndrome de choc toxique liés au port de tampons pendant les règles. Et lance un appel afin de faire progresser la recherche.

Syndrome du choc toxique : la recherche a besoin de vos tampons
© Daniela Staerk - 123 RF

Même si l'affaire du mannequin amputée a marqué beaucoup de femmes, il faut relativiser. En effet, le syndrome du choc toxique demeure très rare. Ce qui inquiète les scientifiques en revanche, c'est qu'il est en progression. "De 5 cas en 2004 à une vingtaine de cas en 2014, le syndrome du choc toxique (SCT) reste rare mais son augmentation inquiète les scientifiques car ils ne trouvent pas d'explication", peut-on lire dans un communiqué de presse des Hospices Civils de Lyon, publié le 19 octobre. Le centre de recherche lance ainsi une collecte de tampons afin de disposer de suffisamment d'échantillons bactériens  pour mener à bien ses recherches pour comprendre cette pathologie.

Rappelons que ce syndrome est la conséquence du port d'un dispositif vaginal – tampon et plus rarement coupe menstruelle – au moment des règles. Ainsi, lorsque le tampon reste dans le vagin trop longtemps, le risque de multiplication de bactéries pathogènes augmente. Toutes les femmes ne sont pas pour autant porteuses des bactéries qui produisent la toxine responsable du choc toxique. Seulement 4 % des femmes françaises sont à risque.

Quels sont les symptômes ? Fièvre soudaine supérieure à 38,9°C, vomissements, malaise avec maux de tête, diarrhées ou encore éruption cutanée faisant penser à un coup de soleil, sont des signes qui doivent alerter. En période de règles, il faut rapidement enlever le tampon ou la coupe menstruelle et consulter en urgence afin de bénéficier au plus vite d'un traitement antibiotique.

Dans le cas du mannequin Lauren Wasser, la toxine bactérienne avait atteint le cœur et entraîné une gangrène au niveau des jambes en raison d'un diagnostic tardif et d'une prise en charge inadaptée. C'est pourquoi les médecins n'avaient pas eu d'autres choix que d'amputer.

Encore des interrogations. Comme le soulignait récemment le Dr Anne Tristan, lors d'une interview au JournaldesFemmes, toutes les femmes porteuses de la bactérie ne font pas nécessairement de choc toxique. "C'est donc qu'il doit exister autre chose, sans doute présent dans la flore vaginale des femmes porteuses de la bactérie, qui provoque le SCT. Mais quoi exactement, nous ne savons pas ", avait-elle expliqué.

Dans les années 70 aux Etats-Unis, de nombreux cas de SCT avaient mené à des décès suite à la mise sur le marché de nouveaux tampons plus absorbants en polyacrylate. Après retrait du marché et remplacement par des tampons en coton, les cas avaient diminué. Mais aujourd'hui, il règne un certain flou autour de la composition des tampons. Le problème, c'est qu'elle n'est précisée nulle part, ni sur les emballages des protections périodiques, ni dans les notices, ni sur les sites des marques, avait alerté une pétition lancée il y a plus d'un an sur le site change.org par une jeune française, Mélanie Doerflinger.

En mars dernier, des composés toxiques avaient été détectés en très faible quantité dans plusieurs tampons par le magazine 60 millions de consommateurs. L'Institut national de la consommation (INC) qui édite la revue avait souligné l'absence de données scientifiques évaluant les potentiels risques pour les femmes. 

Pour participer à la collecte et recevoir un kit de prélèvement, écrire à gerard.lina@univlyon1.fr.

Comment prévenir le choc toxique : à retenir !

  • Changez de tampon régulièrement, toutes les 4 heures, même la nuit.
  • Choisissez un tampon adapté au flux (évitez, si ce n'est pas indispensable, les tampons pour flux absorbant qui favorisent davantage la multiplication des bactéries).
  • Lavez-vous les mains avant de mettre un tampon.
  • Respectez les consignes d'hygiène pour les coupes menstruelles aussi : ne les gardez pas trop longtemps et nettoyez-les bien.

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