IVG : des taux qui varient du simple au double d'une région à l'autre

Depuis 2006, le nombre d'IVG est relativement stable en France. Ecarts régionaux, pratiques… Voici ce qu'il faut retenir de la dernière étude de la DREES.

IVG : des taux qui varient du simple au double d'une région à l'autre
© Cathy Yeulet - 123 RF

Le rapport de la DREES publié l'année passée faisait craindre une hausse des interruptions volontaires de grossesse (IVG). Les dernières données ne confirment pas cette tendance : en 2015, 218 100 IVG ont été réalisées en France, contre 229 000 en 2013. Globalement, leur nombre est relativement stable, "autour de 220 000 depuis 2002", constate la DRESS dans son rapport "Les interruptions de grossesse en France en 2015".

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C'est chez les femmes de 20 à 24 ans que les IVG restent les plus fréquentes et en progression depuis 1990. Pour 1 000 femmes en âge de procréer, le nombre moyen d'IVG est de 14,4, alors qu'entre 20 et 24 ans, ce taux grimpe à 27. A l'inverse, ce taux continue à décroître chez les femmes de moins de 20 ans depuis 2010.

Écarts régionaux. Les taux de recours à l'IVG peuvent varier du simple au double d'une région à l'autre. Ainsi, on observe 10,5 IVG pour 1 000 femmes dans les Pays de la Loire, contre 20,5 pour 1 000 femmes en Provence-Alpes-Côte d'Azur. L’Ile-de-France et le Sud (PACA, Corse, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon) affichent les taux moyens d'IVG les plus élevés (supérieurs à 14 IVG pour 1000 femmes). Dans les DOM, les taux de recours sont également beaucoup plus élevés qu'en Métropole, avec une moyenne supérieure à 26 IVG pour 1 000 femmes.

Où et comment se pratiquent les IVG ? 18 % des IVG ont été réalisées en cabinet libéral en 2015 et 1,5 % en centres de santé ou en centres de planification familiale. A l'hôpital, le recours au médicament se fait désormais dans 49 % des cas. Soit plus qu'il y a quelques années : en 1992, seulement 10 % des IVG pratiquées à l'hôpital étaient médicamenteuses. Globalement, plus d'une IVG sur deux (57 % en métropole, 58 % dans les DOM) sont réalisées de façon médicamenteuse.

Accès à la contraception. "Le nombre d'IVG, y compris chez les plus jeunes, ne s'explique pas principalement par une absence de contraception", observe la DRESS, car en 2013, selon l'enquête Fecond, "seulement 3 % des femmes" n'utilisent aucune méthode de contraception. Et en 2007, "deux femmes sur trois qui ont eu une IVG utilisaient une méthode contraceptive qui n'avait pas fonctionné en raison d'un oubli de pilule ou d'un accident de préservatif." En outre, "les femmes connaissent de mieux en mieux la contraception d'urgence", avance encore la DRESS, avant de préciser que plus d'un million de pilules du lendemain et du surlendemain sont vendues chaque année depuis 2005, même si ce chiffre est en légère baisse depuis 2013.

Rappelons que depuis 2012, Marisol Touraine a porté un certain nombre de décisions, visant à améliorer l'accès à la contraception et à l'IVG via une information accessible et un parcours de soins facilité. Parmi ces mesures : un meilleur accès à la contraception dans les collèges et lycées, le remboursement à 100% des frais annexes à l'IVG, la suppression du délai de réflexion de sept jours entre les deux consultations pré-IVG, la possibilité pour les sages-femmes de pratiquer les IVG médicamenteuses. Mais aussi la possibilité pour les mineures de plus de 15 ans de se faire délivrer gratuitement et anonymement une contraception, donc sans le consentement de leurs parents.

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