Que savez-vous de la contraception d’urgence ?

Selon un sondage publié à l'occasion de la Journée mondiale de la contraception, le 26 septembre, les Françaises méconnaissent encore la pilule du lendemain. Comment fonctionne-t-elle ? Combien de jours après un rapport risqué peut-on l'utiliser ? Réponses.

Que savez-vous de la contraception d’urgence ?
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Alors que la contraception d'urgence est en ventre libre et accessible aux mineures, le nombre d'IVG réalisées chaque année ne fléchit pas. Un paradoxe qui s'explique, entre autres, par un manque d'information. En effet, prendre une contraception d'urgence après un rapport à risque non protégé, ou suite à un accident de préservatif ou encore à un oubli de contraceptif, est loin d’être un geste évident pour les Françaises. De fait, selon un sondage Harris Interactive pour HRA Pharma*, réalisé à l'occasion de la Journée mondiale de la contraception, 28 % des femmes interrogées n’ont "jamais" pris de contraception d’urgence après un rapport risqué. 51 % d’entre elles s’estimant "bien protégées" et 35 % déclarant n’y avoir "pas pensé". L’impossibilité de se rendre dans une pharmacie étant exprimé dans seulement 7 % des cas. A l’inverse, seule une femme sur quatre (26%) qui a un rapport sexuel sans contraception, prend la pilule du lendemain, mais seulement dans 11% des cas "à chaque fois".

Tenaces idées reçues. "Si  les femmes pensent très bien connaître le fonctionnement de leur corps,  dans la pratique je constate qu’on en est loin, même pour des choses aussi essentielles que le cycle menstruel. Alors, quand il s’agit de contraception ou d’échec contraceptif, l’information  est vraiment lacunaire", constate le gynécologue Christian Jamin. D’autres barrières peuvent expliquer que les femmes soient si peu nombreuses à utiliser la contraception d'urgence. Il existe en effet des freins psychologiques (honte, culpabilité d'avoir eu une relation non protégée), mais aussi idéologiques, la pilule du lendemain restant très mystérieuse pour bien des femmes. Certaines pensent par exemple qu’en la prenant elles avortent ou peuvent devenir stériles, ce qui n’est absolument pas le cas. Ainsi, les Françaises sont 64 % à affirmer connaître le fonctionnement de la pilule d'urgence, mais dans les faits elles sont 51 % à penser à tort que la contraception d’urgence agit "comme un avortement". En outre, 16 % d’entre elles pensent encore qu’elle peut rendre les femmes stériles.

La pilule d’urgence, comment ça marche ? La contraception d'urgence hormonale agit principalement en retardant l'ovulation. Et on le répète : elle ne peut pas déclencher d’avortement puisqu'elle n’est plus efficace si la fécondation a déjà eu lieu. En pratique, elle est délivrée sous forme d’un comprimé unique, qui doit être pris au plus tôt, son efficacité diminuant avec le temps. Il existe deux types de contraceptifs d’urgence :

  • au lévonorgestrel (Levonorgestrel Biogaran, Norlevo) : à prendre jusqu'à 72 heures (3 jours) après un rapport sexuel non ou mal protégé.
  • à l'ulipristal acétate (Ellaone) : à prendre jusqu'à 120 heures (5 jours) après un rapport sexuel non ou mal protégé.

La contraception d’urgence peut également être obtenue grâce à la pose d'un dispositif intra-utérin au cuivre par un médecin ou une sage-femme dans les 5 jours après le rapport.

Comment se la procurer ? Si vous êtes mineure, vous pouvez l'obtenir de manière anonyme, gratuite et sans ordonnance en pharmacie, auprès d'une infirmière scolaire ou dans un centre de planification. Pour les femmes majeures, la contraception d'urgence est accessible sans ordonnance en pharmacie. A noter que si vous avez une ordonnance, la contraception d’urgence vous sera remboursée à 65% par l’Assurance Maladie.

* Sondage réalisé du 14 au 17 septembre 2015, auprès de 1 000 femmes (15 à 50 ans).

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