Sida : la transmission de la mère à l’enfant est éradiquée à Cuba

Cuba est le premier pays au monde à avoir éliminé la transmission du sida et de la syphilis de la mère à l’enfant grâce à un encadrement médical spécifique. Explications.

Sida : la transmission de la mère à l’enfant est éradiquée à Cuba
© Samuel Borges

"C’est une célébration pour Cuba et pour les enfants et les familles du monde entier" a déclaré Michel Sidibé, directeur du programme ONUSIDA suite à cette nouvelle : Cuba est devenu le premier pays à avoir éradiqué la transmission du Sida et de la syphilis entre mère et enfant. "C’est une victoire majeure dans notre longue lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et les infections sexuellement transmissibles (IST), ainsi qu’un pas important vers l’objectif d’une génération sans Sida", a expliqué Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans un communiqué sur le site de l'organisation.

Un large suivi médical. Pour atteindre cette réussite, l’OMS et l’Organisation Panaméricaine de la Santé (PAHO) ont élaboré un vaste plan médical sur l’île. Les femmes enceintes et leur partenaire ont eu accès à un dépistage pour le VIH et la syphilis. Dans le cas d’un diagnostic positif, les femmes ont reçu des traitements antirétroviraux et des soins prénataux complets. Les femmes séropositives ont aussi bénéficié d’un accouchement par césarienne, qui limite la transmission du virus de la mère à l’enfant  par rapport à l’accouchement par voie basse. Des alternatives à l’allaitement leur ont aussi été proposées.

Faire chuter le risque de transmission de 45 à 1 %. L’OMS rappelle que "sans traitement avec des antirétroviraux, une femme enceinte contaminée par le VIH a entre 15 et 45 % de risques d’infecter son enfant", que ce soit pendant qu’elle porte l’enfant, au cours de l’accouchement ou en l’allaitant. Or ce risque peut chuter à 1 % si des traitements sont administrés à la mère pendant la grossesse et à l’enfant juste après sa naissance. Près d’1,4 milliards de femmes séropositives tombent enceinte chaque année, et réduire la transmission du virus entre mère et nourrisson représente donc une part importante dans la lutte contre cette pandémie.

Deux fois moins d’enfants nés avec le sida depuis 2009. Ces mesures de prévention et d’action médicale semblent déjà porter leurs fruits : le nombre de nouveau-nés séropositifs dans le monde a quasiment été divisé par deux en quatre ans, en passant de 400 000 en 2009 à 230 000 en 2013. "Éliminer la transmission d’un virus est l’un des plus grands accomplissements en matière de santé publique" a ainsi souligné Margaret Chan sur le site de l’OMS. "Nous nous attendons à ce que Cuba soit le premier d’une longue série de pays à faire valider la fin de la transmission aux enfants" s’est ainsi enthousiasmé Michel Sidibé.

Encourager les traitements contre la syphilis. En parallèle, un million de femmes enceintes sont chaque année concernées par la syphilis. Cette IST peut causer des fausses couches, des infections ou le décès du nourrisson. "Pourtant, des options de traitement simples pendant la grossesse, comme la pénicilline, peuvent éliminer la plupart de ces complications", rappelle l’OMS. Mais, comme dans le cas du Sida, cette IST touche principalement des pays en développement qui n’ont pas toujours accès aux traitements appropriés. 

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