Greffe d’utérus : l’Académie de médecine favorable

Pour la première fois, l’Académie de médecine s’est dite favorable à la poursuite d’expérimentations sur la transplantation d’utérus. Deux essais sont actuellement en cours en France.

Greffe d’utérus : l’Académie de médecine favorable
© tu-8

Dans un rapport rendu mardi, l’Académie de médecine s’est déclarée favorable à la poursuite d’un programme de recherche français sur la transplantation d’utérus. C’est la première fois que l’institution prend position sur le sujet.

Trois naissances suite à ce type de greffe. Cette déclaration de l’Académie intervient alors qu’une suédoise qui avait subi une transplantation d’utérus, a donné naissance à un enfant en septembre dernier pour la première fois au monde. Deux autres naissances de ce type auraient également eu lieu depuis, sans aucune médiatisation, selon l’Académie de médecine. Cette dernière précise par ailleurs qu’aucune grossesse n’a été menée à terme dans le monde à partir d’un utérus prélevé sur une donneuse décédée. Ce type de prélèvement ne présente pourtant pas plus de risque, selon l’institution. Dans les deux cas, il s'agit toutefois d'une greffe temporaire puisqu’il est généralement prévu de retirer l’utérus après une ou deux grossesses ayant abouti à la naissance d’un bébé.
La greffe d'utérus pourrait donc offrir un espoir aux femmes qui ne peuvent pas avoir d'enfants parce qu'elles sont nées sans utérus, qu'elles souffrent d'une malformation ou encore qu'elles ont subi une ablation de l'utérus en raison d'une maladie. 

"De nombreuses incertitudes et difficultés". L’Académie de médecine considère que les expérimentations doivent être poursuivies dans un cadre strictement réglementé. Elle précise toutefois que "de nombreuses incertitudes et difficultés devront être surmontées avant que la transplantation utérine puisse trouver place dans un programme national de transplantations d’organes". Pour diminuer le risque de complications obstétricales chez la receveuse, l’Académie note qu’il est "souhaitable" que la donneuse soit jeune. Par ailleurs, dans le cas de donneuses vivantes, elle estime qu’il est "éthiquement discutable" de proposer l’ablation de l’utérus à une femme encore en âge de procréer, et cela "même si elle dit avoir accompli ses désirs de grossesse".

Deux essais en cours en France. Une expérimentation est actuellement menée sur des donneuses décédées à Limoges "dans un but purement scientifique et sans projet de transplantation". Une équipe animée par René Frydman et Jean-Marc Ayoubi devrait par ailleurs bientôt déposer une demande pour utiliser des donneuses vivantes dans le cadre d’une expérimentation à l’hôpital Foch de Suresnes.

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