Affaire des prothèses mammaires : un 2e décès

Alors qu'un nombre croissant d'une forme de cancer rare est observé chez des porteuses d’implants mammaires, les autorités de santé tentent de répondre aux inquiétudes des femmes. Leur retrait n’est pas, pour l’heure, préconisé.

Affaire des prothèses mammaires : un 2e décès
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La semaine dernière, on apprenait qu’un type de cancer très rare, le lymphome anaplasique à grandes cellules avait été identifié, depuis 2011, chez 18 femmes porteuses de prothèses mammaires. Suite à la révélation de cette information par Le Parisien, le directeur adjoint de l’Agence du médicament avait évoqué une situation "préoccupante", en raison de l’augmentation du nombre de cas au cours de ces dernières années. Onze cas ont en effet été signalés sur la seule année 2014. La ministre de la Santé s’était montrée vigilante mais rassurante. Soulignant qu’il s’agit d’un cancer très rare, et que les femmes ne devait pas "céder à une inquiétude excessive", elle ne leur recommandait pas de faire retirer leurs prothèses.

Hier, à l’occasion d’une réunion du comité de suivi sur l’affaire des prothèses mammaires, entre les autorités de santé, les sociétés savantes de chirurgiens et des associations de patients, la directrice de l’Institut national du cancer (Inca) aurait, selon Le Parisien, fait état d’un 19e cas de ce lymphome, ainsi que d’un deuxième décès. Jusqu’à la semaine dernière, un seul décès était connu sur une femme porteuse d’un implant PIP. Ce second cas, s’il est avéré, serait attribué à une femme qui portait une prothèse d’une autre marque. 

A quand un meilleur suivi des femmes porteuses de prothèses ? Après l’affaire des prothèses frauduleuses PIP, on avait tout lieu de penser que les autorités de santé auraient tiré des leçons et mis en place des contrôles sanitaires stricts. En avril 2013, l’Agence du médicament publiait un rapport dans lequel elle s’engageait à diffuser régulièrement des bilans des signalements d’effets indésirables avec des prothèses PIP et, au-delà, de renforcer la surveillance de tous les autres types d’implants mammaires en silicone. Elle précisait avoir réalisé un programme d’inspection et de contrôle de tous les implants commercialisés en France et que des travaux étaient "en cours pour faciliter la mise en place d’un registre pour le suivi des patientes concernées." Deux ans, plus tard, alors que l’inquiétude monte parmi les porteuses d’implants mammaires (elles sont 400 000 en France), la Direction générale de la santé, vient seulement, à la demande des associations de patients, d’annoncer la création d’un registre des porteuses d’implant mammaire afin de disposer d’un état des lieux et de pouvoir les prévenir dès lors qu'un problème survient. "Aussi étonnant que cela puisse paraître, et malgré l’affaire PIP et ses 4 000 victimes, cela n’existait pas", confie au Parisien Joëlle Manighetti, représentante des victimes.

La crainte d’une nouvelle affaire PIP. Alors que l’on ne sait toujours pas pourquoi les prothèses provoquent ces lymphomes, et que 174 cas sont actuellement recensés dans le monde, une réunion d’experts se tiendra ce vendredi à l’Agence du médicament afin de décider si les implants doivent être interdits, en particulier les "texturés", que l'on retrouve dans 80 % des cas de lymphome. Reste aussi à élucider pourquoi 14 des 19 cas de lymphome impliquent le même fabricant, à savoir l’américain Allergan ?

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