Ablation des ovaires et cancer : qui sont les femmes concernées ?

Angelina Jolie a révélé avoir subi une ablation des ovaires et des trompes utérines afin d’éviter l’apparition d’un cancer. Le point sur cette intervention préventive recommandée aux femmes porteuses d’une mutation.

Ablation des ovaires et cancer : qui sont les femmes concernées ?
© SIPANY/SIPA

Il y a deux ans, Angelina Jolie révélait publiquement sa double mastectomie, pratiquée préventivement, afin de diminuer son risque de cancer. Cette fois, l’actrice, porteuse d'une mutation génétique sur les gènes BRCA1 et BRCA2, annonce s’être fait retirer les ovaires et les trompes utérines. "Mes médecins m'ont conseillé de me faire opérer environ dix ans avant l'âge qu'avaient les membres de ma famille lorsqu'ils sont tombés malades. On a diagnostiqué un cancer des ovaires à ma mère lorsqu'elle avait 49 ans. J'en ai 39", a-t-elle confiée au New York Times.

L'ovariectomie, recommandée par les spécialistes. Dans les mois qui ont suivi la médiatisation de la mastectomie d’Angelina Jolie, les femmes, sans doute mieux informées, avaient été plus nombreuses à pousser la porte des consultations en onco-génétique. Toutefois, l’opération étant lourde, tant physiquement que psychologiquement, la majorité des Françaises continuent à choisir très majoritairement l’option du suivi médical régulier, à savoir une mammographie chaque année. La mastectomie préventive n’est donc pas une pratique courante en France, contrairement aux Etats-Unis.

En revanche, l’ablation des ovaires est recommandée aux femmes porteuses des mutations BRCA1 et BRCA2 dès l’âge de 40 ans. En effet, s’il est possible de détecter précocement un cancer du sein grâce à un suivi régulier, la surveillance est beaucoup plus difficile pour le cancer de l’ovaire. De ce fait, il est souvent diagnostiqué à un stade avancé et, par conséquent, beaucoup plus difficile à traiter. En outre, même si une patiente à risques fait l'objet d'un suivi régulier par échographie, l'examen n'est pas suffisamment fiable pour permettre une détection précoce des tumeurs : un "diagnostic précoce n'est pas assuré", confirme à l’AFP, la spécialiste française Dominique Stoppa-Lyonnet (Institut Curie). Aussi, il y a aujourd'hui un large "consensus" entre experts pour recommander l'ablation des ovaires et trompes chez les femmes porteuses des mutations BRCA1 et BRCA2, explique-t-elle, avant de préciser : "le risque de cancer de l'ovaire cumulé à l'âge de 70 ans pour une femme porteuse de BRCA1 est de l'ordre de 40 %. Il est de 20 % pour celles porteuses de BRCA2" contre 1,5 % pour la population générale."

Ménopause précoce. Une forte proportion de ces femmes acceptent l'opération qui est simple, généralement sans complication et pratiquée sous coelioscopie : 80% pour les BRCA1 et 50% pour les BRCA2, selon une étude de l'Institut Curie. Néanmoins, l’inconvénient majeur de cette intervention, c’est qu’elle provoque une infertilité et une ménopause précoce et brutale. "C'est un geste qu'on recommande quand le projet parental est accompli, mais il demeure difficile pour une femme de renoncer à avoir des enfants", commente Mme Stoppa-Lyonnet. 

On estime qu'une femme sur 400 à 500 est porteuse d'une mutation génétique BRCA1 ou BRCA2. En cas de doute, rappelons qu’une consultation d’onco-génétique permettra de déterminer s’il existe une prédisposition génétique pour les cancers du sein et de l'ovaire. Si c’est le cas, cela ne signifie en aucun cas que l’on développera un jour un cancer, simplement que le risque est plus élevé que la moyenne. En France, les femmes porteuses d’une mutation génétique prédisposant au cancer du sein et de l’ovaire bénéficient d’un suivi adapté, pour détecter aussi précocement que possible une éventuelle tumeur cancéreuse.

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