Cancer du col de l’utérus : 40% des femmes ne réalisent pas de frottis régulièrement

En amont de la semaine européenne de la prévention du col de l’utérus, l’Institut national du cancer souhaite sensibiliser les femmes, vaccinées ou non, à l’importance de réaliser un frottis tous les 3 ans.

Cancer du col de l’utérus : 40% des femmes ne réalisent pas de frottis régulièrement
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"Contre le cancer du col de l’utérus, tous les 3 ans, un frottis, vous avez tout compris" : peut-être avez-vous déjà entendu ce message délivré sur les ondes radios par Sophie Davant et Karine Ferri ? A l’occasion de la semaine européenne de prévention du cancer du col de l’utérus, du 24 au 30 janvier prochain, l’Institut national du cancer (INCa) et le ministère de la Santé s’associent pour rappeler aux femmes les bonnes pratiques en matière de dépistage. Le message est simple : un frottis doit être réalisé tous les 3 ans, dès 25 ans et jusqu’à 65 ans.

Le problème, c'est qu’un grand nombre de femmes ne bénéficient pas d'un suivi gynécologique. Résultat : 40 % des femmes ne font pas de frottis régulièrement. Après 55 ans, elles sont même plus de 50 % à ne pas se faire dépister tous les 3 ans. Passée la ménopause, les femmes estiment en effet qu’elles n’ont plus besoin de frottis. A tort : les anomalies liées aux papillomavirus humains (HPV) évoluant lentement, l'examen est utile jusqu'à 65 ans, même en l'absence de rapports sexuels. Les femmes issues de catégories socioéconomiques les moins favorisées et les 25-30 ans, insuffisamment dépistées, sont également ciblées par cette nouvelle campagne d’information.

Le frottis, pourquoi ? Si le frottis est un examen essentiel, c’est parce que la plupart du temps, les anomalies ne se manifestent par aucun symptôme. Et quand ils apparaissent, le cancer est déjà souvent à un stade avancé, donc plus difficile à guérir, rappelle l’InCA : "le frottis permet de détecter des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus et ainsi de soigner plus précocement ce cancer, voire d’éviter son apparition". En outre, réaliser un frottis tous les 3 ans est suffisant. "Le faire tous les ans ou tous les deux ans n’est pas recommandé. Cela peut exposer à un risque de sur-diagnostic, notamment de lésions qui auraient régressé spontanément et donc de sur-traitement, avec un risque de séquelles sur le col de l’utérus. La balance bénéfices / risques situe donc la bonne régularité à 3 ans."

Vaccin ou pas, le frottis reste indispensable. Dès 25 ans, l'examen doit être effectué tous les 3 ans, que l'on soit vaccinée ou pas contre le cancer du col de l’utérus. En effet, le vaccin cible uniquement les virus HPV 16 et le HPV 18, responsables de 70 % des cancers du col de l'utérus. Afin de ne pas prendre de risque sur les autres souches, il est donc nécessaire de réaliser des frottis, y compris après avoir été vacciné.

Par qui ? En France, près de 9 frottis sur 10 sont réalisés par les gynécologues à l'occasion des visites gynécologiques de routine. Cependant, dans un contexte économique difficile et en raison de la faible densité médicale qui touche certains départements, il faut savoir que cet examen peut être effectué par le médecin traitant ou par une sage-femme.

Le cancer du col de l'utérus est un cancer sexuellement transmissible qui démarre après une infection au virus HPV que 80 % des femmes rencontrent au début de leur vie sexuelle. Si la plupart des femmes éliminent le virus spontanément, 10 % d'entre elles auront un frottis pathologique au cours de leur vie. Chaque année, 3000 femmes déclarent un cancer du l’utérus en France.

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